Une semaine apr�s cet acte, le commandant Prouteau �crit dans l�une de ses notes destin�es au pr�sident Mitterrand :
S�PARATISME CORSE
LA RADICALISATION DE L'EX-FLNC PR�SENT�E COMME UNE RIPOSTE A LA "PROVOCATION " ET A LA " R�PRESSION "
D�non�ant comme un leitmotiv les "provocations" et la "r�pression", l'ex-FLNC s'est engag� sur la voie d'une radicalisation cynique qui pourrait atteindre encore des repr�sentants des forces de l'ordre ou de l'�tat.
L'ex-FLNC qui avait annonc� "une intensification de ses actions pour riposter contre toutes les provocations orchestr�es contre les nationalistes corses en g�n�ral" (communiqu� du 29.05.87) semble bien d�cid� � poursuivre dans la voie de la violence.
Si l'organisation dissoute, parlant pr�cis�ment de "provocation", s'est empress�e de d�mentir l'assassinat, d'abord revendiqu�, du docteur Jean-Paul LAFAY au soir du dernier jour de la visite du Ministre de l'Int�rieur (16.06.87), elle n'a, par contre, pas h�sit� � prendre � son compte la s�rie de mitraillages de gendarmeries et de patrouilles de C.R.S. qui s'inscrivent dans le prolongement du communiqu� de mise en garde.
L'assassinat du gendarme AZNAR le 4 ao�t dernier a constitu� un point fort. D'autres actions de ce type ne semblent pourtant pas � exclure pour l'avenir contre les forces de police ou de gendarmerie, voire des responsables des pouvoirs publics. Un communiqu� bilan du 23 mars 1987, "communiqu� tr�s offensif faisant le point apr�s un an de pouvoir de droite et d'activisme corse", contient d'ailleurs une sorte de mise en garde, la seule option laiss�e � l'�tat �tant
- soit d'accepter "un r�glement politique progressif du probl�me national",
- soit de continuer dans la "r�pression" en endossant la responsabilit� des actions futures
Car la p�riode est lourde : la droite est revenue au pouvoir l�ann�e pr�c�dente. Jacques Chirac est premier ministre. Il a pour ministre de l�int�rieur Charles Pasqua, flanqu� de son double ennemi, Roger Pandraud. C�est l��poque de Malik Oussekine cet �tudiant battu � mort par les brigades sp�ciales du tandem lors d�une manifestation au Quartier Latin.
En Corse, Charles Pasqua veut faire le m�nage. Il d�barrasse la t�l�vision locale de ceux qu�ils estiment �tre les marchepieds du terrorisme.
Le 9 janvier 1987 : Alain Orsoni, �lu M.C.A. et dirigeant du FLNC est interpell� � Ajaccio. Il est inculp� de "reconstruction de ligue dissoute" et transf�r� � PARIS devant la section sp�ciale. Le 21 janvier : Le Mouvement corse pour l'autod�termination (MCA), vitrine l�gale du FLNC, est dissout en conseil des ministres
Le 28 f�vrier un commando du F.L.N.C plastique l�H�tel des imp�ts de Bastia et trois fourgons de gendarmes sont d�truits � Ajaccio.
Le 21 mars, le FLNC lance une nuit bleue sur la Corse enti�re en faisant sauter 106 objectifs.
Le 19 mai , policiers et gendarmes arr�tent dans la r�gion ajaccienne, 34 militants pr�sum�s appartenir � la clandestinit�. Le 23 mai, 11 des 34 nationalistes interpell�s sont inculp�s et amen�s � Marseille.
Le 23 Mai les gendarmeries de Cauro et de Peri sont mitraill�es. Le Colonel Spillman, commandant de la l�gion de Corse, donne l�ordre � ses troupes de riposter en cas d�attaque..
Le 17 juin, un opposant au nationalisme, le docteur v�t�rinaire Lafay, pr�sident de l�association pour la d�fense des victimes du terrorisme, est abattu alors qu�il sortait d�un d�bat t�l�vis� sur la violence. L�assassin est J-P L� militant du FLNC et fich� au grand banditisme qui aurait agi sans ordre. Malgr� cela, les �lus nationalistes d�noncent cette provocation dont certains vont se servir pour l�gitimer les repr�sailles contre les nationalistes.
Le 25 juin, Charles Pieri est arr�t� � Figarellu. Il �tait recherch� depuis son �vasion en 1983 de la prison de Bastia en compagnie de l�un des barons de la Brise de Mer, Francis Mariani. Il appartenait � un groupe dit des recherch�s auxquels appartenait Jean-Vitus Albertini (aujoud�hui journaliste � FR3), Jean-Baptiste Acquaviva (tu� cette m�me ann�e), Olivier Sauli (dont l�ADN vient d��tre pr�lev�). Charles Pasqua fera appos� une affiche comportant leurs photos et une prime. C�est en partie certains de ces militants qui feront la force de Jean Biancucci dirigant du FLNC d�Ajaccio et aujourd�hui membre d�A Chjama naziunale d�Edmond Simeoni et initiateur d�A Tramula. C�est durant sa garde-�-vue que Charles Pieri, recherch� pour le meurtre d�un l�gionnaire en 1983 � Sorbo Occognano, donnera le nom de F�lix Tomasi qui restera cinq ans en prison avant d��tre innocent�.
Le 28 juin la Cuncolta naziunalista voit officiellement le jour et prend la rel�ve du MCA.
Le 4 ao�t � Lucciana, route de la Marana, un fourgon de garde mobile est mitraill� de nuit. le gendarme Aznar est tu� et trois de ses coll�gues sont bless�s. Un v�ritable massacre sans gloire qui sera revendiqu� le 5 ao�t par le FLNC qui dans son communiqu� met en garde les ex�cutants et responsables des brimades dont auraient �t� victimes les � d�tenus politiques corses �. Derni�rement aux BAUMETTES, certains ont �t� gri�vement bless�s apr�s avoir �t� pass�s � tabac. Le F.L.N.C affirme qu�elle ne laissera jamais de tels actes impunis.
Le 7 ao�t, dix militants nationalistes bastiais sont interpell�s.
Le 17 octobre, le FLNC revendique le double assassinat � Ajaccio, en janvier 1986, de deux malheureux Tunisiens pr�sent�s comme des trafiquants de drogue. Le double meurtre avait �t� perp�tr� par l�assassin du docteur Lafay. C�est lui qui a fait pression sur la direction du FLNC ajaccien pour que l�action soit officiellement revendiqu�e.
Le 16 novembre, Jean-Baptiste Acquaviva, militant du F.L.N.C, est assassin� lors d�une op�ration. Le m�me jour, le responsable pr�sum� du secteur de la Marana, o� a �t� abattu le gendarme Aznar, est emmen� � Paris apr�s avoir �t� interpell�. Il est aujourd�hui proche d�Edmond Simeoni.
Le 18 novembre, enterrement de Jean-Baptiste Acquaviva � �le Rousse en pr�sence de plusieurs milliers de personnes. L�un des militants qui tien le cercueil est Jean-Nicolas Antoniotti, alors responsable du FLNC sous le nom de Chico. Quelques ann�es plus tard la rumeur le d�signera comme la taupe du pr�fet Bonnet ce dont il se d�fendra avec vigueur. Fondateur de la soci�t� capital risque Femu qui, il est aujourd�hui au Parti national corse.
En 1987,l��toile de Pierre Poggioli, jusqu�alors dirigeant incontest� du FLNC p�lit au profit d�un �clatement qui donnera plus tard la scission des deux FLNC.
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