Bertrand Cantat est inquiet pour ses proches
Sep 25, 2003

L'un des avocats de Bertrand Cantat, Pierre Hurmic, a rencontr� ce week-end le chanteur de Noir D�sir dans sa prison. Alors que l'on attend les derni�res expertises sur la mort de Marie Trintignant, Cantat dit se sentir menac�.

Ce sont les premi�res nouvelles directes de Bertrand Cantat depuis plusieurs semaines. Il a re�u le week-end dernier pendant trois heures et demi dans le parloir de la prison Lukiskiu de Vilnius, en Lituanie, la visite de ses trois avocats : M e Olivier Metzner qui pilote sa d�fense, le Lituanien M e Virginijus Papirti et le Bordelais M e Pierre Hurmic. Ce dernier est un ami du chanteur de Noir D�sir depuis une quinzaine d'ann�es, et un proche de sa famille. Il intervient principalement � ce titre.

� Un vrai climat de haine �

� Ce qui m'a frapp� tout d'abord, c'est qu'il est extr�mement inquiet pour sa famille et pour les autres membres du groupe, � cause du climat de haine qui s'exprime actuellement. Dans ce contexte, l'avenir de Noir D�sir n'est pas son souci premier �, affirme M e Hurmic. � Apprendre l'incendie criminel de sa maison de Moustey, dans les Landes, alors qu'il �tait seul � plus de 2 000 kilom�tres, a �t� un v�ritable choc. Il est tr�s dubitatif sur son origine. C'est tr�s dur pour lui. C'�tait sa maison. Tous ses souvenirs, tous ses objets personnels sont partis dans les flammes. Ses enfants et leur m�re, Kristina, auraient d� se trouver l� quand les faits se sont pass�s. Il est tr�s conscient du climat passionnel actuel, li� aux personnalit�s hors normes de Marie Trintignant et de lui-m�me �, explique l'avocat bordelais. Selon lui, l'enqu�te sur l'incendie du 11 septembre n'est pas encore conclue. � Vilnius, Bertrand Cantat re�oit la visite r�guli�re de sa s�ur, Anne, de son fr�re, Xavier, et des membres du groupe. Dans son courrier, il re�oit des lettres d'insultes et de menaces, mais beaucoup plus de messages de solidarit� ou de soutien. Il passe le plus clair de son temps � lire et � �crire, seul dans sa cellule. � ses interlocuteurs, il ne se plaint pas de son sort. Pour M e Hurmic, les messages mena�ants � utilisent un discours d'extr�me droite et traduisent un vrai climat de haine, mais ils ne sont pas clairement identifi�s et restent assez vagues �. Ces messages sont suffisamment pris au s�rieux, comme ceux arriv�s au si�ge du groupe Noir D�sir � B�gles, dans la banlieue bordelaise, pour que des mesures de surveillance et de s�curit�, prises au lendemain de l'incendie, demeurent en vigueur.

� C'est tout sauf un l�che �

L'avocat bordelais refuse pour l'heure d'�voquer les faits et les circonstances qui ont conduit son ami et son entourage dans cette situation. Il pr�f�re parler de son �tat d'esprit actuel. � Je l'ai trouv� tr�s lucide sur l'ensemble de l'affaire, affirme-t-il. Il veut se donner les moyens de se d�fendre, mais il ne cherche pas � fuir ses responsabilit�s. C'est un �tre exceptionnel, un homme de convictions, hypersensible, int�gre et g�n�reux. C'est tout sauf un l�che. Il va moins mal qu'au d�but, mais il prend des antid�presseurs �, avoue-t-il. Bertrand Cantat est mis en examen pour meurtre par la justice lituanienne, apr�s le d�c�s de Marie Trintignant, le 1 e r ao�t dernier, victime d'un �d�me c�r�bral. L'actrice �tait tomb�e dans le coma dans la nuit du 26 au 27 juillet apr�s une violente dispute avec son compagnon, qui a reconnu l'avoir frapp�e � plusieurs reprises au visage. Le chanteur de Noir D�sir est passible de quinze ans de r�clusion criminelle.

Son sort est suspendu � une expertise

Nul ne sait aujourd'hui � quelle date Bertrand Cantat sera jug� pour son implication dans la mort de Marie Trintignant. Pour boucler l'enqu�te judiciaire et renvoyer le chanteur de Noir D�sir devant un tribunal, le procureur g�n�ral de Vilnius attend de recevoir la version d�finitive du rapport d'autopsie de l'actrice, d�c�d�e le 1 e r ao�t apr�s son rapatriement en France. Ce document, demand� par la justice fran�aise � la directrice de l'Institut m�dico-l�gal de Paris, doit prendre en compte les rapports des deux op�rations neurochirurgicales subies par l'actrice en Lituanie. Le professeur Dominique Leconte devra �tablir si la version de Cantat (quatre gifles tr�s violentes au visage) est compatible avec l'ensemble des constatations m�dicales et m�dico-l�gales. Ses conclusions seront transmises par voie diplomatique aux autorit�s lituaniennes, mais pas avant plusieurs semaines. Apr�s quoi seulement la justice locale d�cidera de la mise en accusation d�finitive du suspect. Et si Cantat reste poursuivi pour un � meurtre � passible de quinze ans de prison au maximum, son avocat, M e Olivier Metzner, esp�re toujours faire requalifier les faits en � crime passionnel �, puni, lui, de six ans d'emprisonnement. Reste qu'aucun des �l�ments du dossier ne semble en mesure de faire pencher la balance dans ce sens. Sans parler du scandale que provoquerait, chez les Trintignant comme ailleurs, une telle d�cision.

�2003 L'investigateur - tous droits r�serv�s