Editorial: On doit tout dire et tout écrire !


Un large débat s’est instauré entre nos lecteurs et entre eux et notre rédaction sur une question épineuse : peut-on tout révéler sur la vie privée des hommes et femmes politiques, des décideurs économiques et autres notables et célébrités. Peut-on évoquer clairement et sans faux-fuyants comme nous l’avons fait la semaine passée une nouvelle fois, les problèmes indéniables de Jean-Claude Juncker face à l’alcool, peut-on, doit-on évoquer les contradictions de tel grand banquier qui met en avant les valeurs familiales et qui entretient parallèlement une maîtresse, doit-on, comme nous l’avions révélé, parler des dettes du député Jaerling, pour ne citer que ces trois exemples là ? Notre réponse est nette et claire : oui, on doit ! Celle de la très grande majorité de nos lecteurs est identique.

L’explication de ce oui absolu est simple : si Juncker, sous l’emprise de l’alcool, s’emporte lors d’un débat parlementaire, se laisse aller à une déclaration hasardeuse qui engage le pays, sa consommation influe sur la vie politique et sur le destin du pays. Elle doit donc être stigmatisée et cela doit servir à inciter l’homme à arrêter ses excès. Quand tel banquier prône des valeurs précises alors qu’il pratique le contraire, nous sommes confrontés à l’hypocrisie de ceux qui nous gouvernent et/ou nous influencent et il faut le dénoncer. Quand Jaerling croule sous les dettes, cela influence –et l’exemple nous fut donné dès fin février- son attitude politique et il faut donc le révéler.

C’est peut être choquant pour certain, mais la liberté de la presse, c’est de signaler aux lecteurs, auditeurs et spectateurs le double langage de ceux qui nous gouvernent, de révéler les dérapages des hommes politiques, de déterrer les secrets des notables et ainsi de faire comprendre et d’expliquer certaines attitudes. La protection de la vie privée, oui, mais pas quand cette vie privée intervient dans les affaires politiques ou économiques. Le dignitaire homosexuel qui cache sa sexualité n’a absolument pas à être mis au pilori pour son penchant sexuel. Mais quand dans son discours politique, ce dignitaire fustige les homosexuels, vote contre ce qu’il pratique par exemple, il faut le dénoncer. Le dépendant de l’alcool n’a pas à être stigmatisé en public, ni le mari qui trompe sa femme. Mais quand le buveur fait de la politique ou prend d’une façon ou d’une autre des décisions ou des engagements concernant le grand public, quand le mari qui trompe sa femme détient un mandat électif ou autre et que sa maîtresse est douteuse ou que le mari volage pratique ce qu’il veut moralement interdire aux autres, il faut dénoncer.

Il faut éliminer la malhonnêteté, l’hypocrisie et le mensonge de notre vie politique et économique. L’hypocrite et le menteur seront obligatoirement des tricheurs. Et puis, mettre à nu les perversités, les dérapages et les dysfonctionnements de ceux qui veulent nous en imposer et nous imposer leur fausse morale, est indispensable. Indispensable pour le bon fonctionnement de la démocratie et de ses rouages.

Jean Nicolas



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