Meurtre d'un nationaliste corse : les avocats forcent la main au tribunal
May 24, 2007
Après deux jours d'audience, la cour d'assises des Bouches-du-Rhône a renvoyé mercredi à une date ultérieure le procès de six hommes accusés de l'assassinat en septembre 2001 à Bastia d'un jeune nationaliste corse, comme le demandaient les avocats de la défense. En leurs noms, dès la reprise de l'audience mercredi matin, Me Jean-Yves Lienard a lu un texte annonçant qu'ils quittaient la barre. La dizaine d'avocats de la défense avaient multiplié depuis lundi, premier jour du procès, les demandes de supplément d'information, invoquant des lacunes ou des incertitudes dans l'enquête sur le meurtre de Nicolas Montigny. Lundi, un témoin surprise, Philippe Navarra, s'était manifesté, affirmant à l'audience que son propre frère était l'auteur du meurtre. Selon lui, son frère Jacques et un dénommé Pierre Rocchi, tous deux militants nationalistes, avaient tué Nicolas Montigny pour des motifs politiques, avant d'être eux-mêmes assassinés. La défense avait donc demandé le renvoi du procès, le temps pour la justice d'enquêter sur ces nouveaux éléments. Mardi soir, le président de la cour Jean-Louis Chaux avait estimé que rien ne justifiait dans l'immédiat le report du procès. Mercredi, après l'annonce de Me Liénard, M. Chaux a immédiatement commis d'office la totalité des avocats de la défense qui ont malgré cela quitté la barre, encourant des poursuites disciplinaires. Les accusés qui voulaient également partir, ont été empêchés de quitter le box. Le président a ensuite demandé au bâtonnier en exercice d'Aix-en-Provence, Me Jean-François Leca, de désigner des avocats, ce qu'il a fait avant de demander à son tour le renvoi du procès. Les avocats de la partie civile se sont dit solidaires de leurs confrères de la défense. Face à cette bronca, le président a finalement dû se résoudre à renvoyer le procès sans dire s'il donnait suite aux demandes de supplément d'information.


La mère de la victime Christiane Muretti a réagi à ce renvoi "avec beaucoup de tristesse", ayant attendu "que justice passe" depuis six ans. "Nous espérons que ce renvoi fera toute la lumière", a-t-elle déclaré après l'audience. Selon l'enquête, l'assassinat de Nicolas Montigny est lié à son appartenance au mouvement clandestin armé "Armata corsa", décimé à l'époque dans une série de règlements de comptes après s'être heurté à la bande de la "Brise de mer" pour le contrôle de machines à sous.

Jacques Mariani, 41 ans, et Alexandre Vittini, 34 ans, sont accusés d'avoir tué dans un cybercafé Nicolas Montigny, 27 ans, de onze balles de pistolet automatique. Anthony Bizzari, 33 ans, cousin de Jacques Mariani, doit répondre de complicité d'assassinat pour avoir effectué le repérage sur le lieu du crime. Tous sont également accusés d'"association de malfaiteurs" de même que les trois autres accusés : le père de Jacques, François Mariani, 58 ans, considéré par la police comme l'un des chefs de la bande de "la Brise de Mer", son homme de main Antoine Demasi et Paul Alerini, ami d'enfance de Vittini.

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