Le parquet de Paris a ouvert une information judiciaire contre X visant implicitement Total dans le cadre d'une enquête sur des versements de commissions présumées par le groupe pétrolier en Iran. Cette information judiciaire a été ouverte pour "abus de biens sociaux" pour des faits couvrant la période 1996 à 2000 et "corruption d'agents publics étrangers" pour ceux allant de 2000 à 2003.
Les juges Philippe Courroye et Xavière Simeoni ont été désignés pour instruire ce dossier. Les deux magistrats instructeurs devront vérifier si le groupe a versé des commissions occultes pour obtenir un contrat d'exploitation d'un gisement de gaz en Iran. Le groupe Total n'a pas souhaité réagir à cette ouverture d'information judiciaire.
Le contrat d'exploitation en "joint venture" dans les eaux du golfe Persique s'est développé avec deux autres sociétés, la russe Gazprom et la malaise Petronas. Ce contrat a été signé en 1997 avec la National Iranian Oil Company (NIOC).
Selon le site Internet de Total, l'investissement du groupe pétrolier s'est élevé à près de deux milliards de dollars. Dans son rapport d'activité 2004, Total avait fait état d'une enquête menée par la SEC, le gendarme de la bourse américaine, "portant sur certaines compagnies pétrolières (y compris, entre autres, Total) en liaison avec la recherche d'affaires en Iran".
L'enquête française fait suite à une dénonciation officielle des autorités judiciaires suisses qui ont transmis à la France un certain nombre de documents. La justice suisse, qui enquête sur des faits de blanchiment, a bloqué près de 95 millions de francs suisses (59,3 millions d'euros) se trouvant sur deux comptes d'un intermédiaire suisse d'origine iranienne. En mars, les autorités judiciaires suisses avaient demandé, via une commission rogatoire adressée à la France, de perquisitionner au siège du groupe Total dans le cadre de cette enquête sur des faits présumés de blanchiment.
Le géant pétrolier français est visé par une autre information judiciaire, instruite depuis 2002 et concernant d'éventuels faits d'abus de biens sociaux et de corruption de fonctionnaires étrangers. Le numéro deux du groupe, Christophe de Margerie, directeur général de la branche exploration et production du groupe pétrolier Total, présenté comme le successeur de Thierry Desmarest, l'actuel PDG, a été mis en examen en octobre dans ce dossier. La justice soupçonne de hauts responsables du groupe Total d'avoir mis en place un système de commissions présumées occultes afin de bénéficier de marchés pétroliers mais également d'avoir contourné l'embargo des Nations unies contre l'Irak.
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