"Il est clair que Jacques Chirac a gaspillé ses 11 ans en tant que président", accuse l'hebdomadaire britannique The Economist dans son dernier numéro, estimant, dans un parallèle avec Zinédine Zidane, que le président français est "l'homme qui mérite un carton rouge". "Son gouvernement est paralysé, son Premier ministre, Dominique de Villepin, n'est pas aimé, et les Français en ont assez", estime le magazine, selon qui "il apparaît maintenant impossible" que Jacques Chirac se représente pour le fauteuil de président lors des élections de 2007. Comparant l'équipe de France de football au système politique français, The Economist estime que tout le monde attend maintenant quelqu'un "pour secourir la France, plongée dans la mélancolie", tout comme Zidane avait été considéré comme le messie, "sortant de sa retraite, à la de Gaulle, pour venir conduire son équipe". Mais Zidane a écopé d'un carton rouge, et c'est l'Italie qui a gagné la coupe du monde de football, rappelle le magazine, selon qui Jacques Chirac "symbolise l'incapacité du pays à se renouveler politiquement".
"Seul homme politique à avoir servi dans des gouvernements sous tous les présidents de la cinquième République depuis de Gaulle", M. Chirac est aujourd'hui "le chef d'Etat français le plus impopulaire" depuis le début des sondages de l'institut Sofres en 1978, souligne The Economist. Et personne ne se prive désormais de parler de lui au passé, constate d'ailleurs l'hebdomadaire, constatant le succès du dernier livre du journaliste Franz-Olivier Giesbert sur le président ou ce documentaire, "dans la peau de Jacques Chirac", dans les salles de cinéma.
"Sous sa direction, la France a perdu sa place parmi les cinq premières économies mondiales (...) et le chômage n'a jamais été au-dessous de 8%", affirme The Economist, selon qui, "après une tentative courageuse mais avortée" en 1995, le président français s'est cantonné "à des petites réformettes".
Rappelant l'échec du référendum sur la constitution européenne, les manifestations géantes contre le contrat premier emploi ou encore les violences dans les banlieues, The Economist estime que le président français a désormais perdu tout crédit.
Et le magazine de souligner que selon un sondage publié dans le dernier numéro de Paris Match, si à la fois M. Chirac et son ministre de l'Intérieur Nicolas Sarkozy se présentaient au premier tour de la présidentielle en 2007, alors il ne récolterait que 8% des suffrages, contre 12% au président du Front national (extrême-droite), Jean-Marie Le Pen.
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