Un mois à peine après son lancement, la pétition sur internet demandant le regroupement de toutes les activités du Parlement européen à Bruxelles a déjà bénéficié de plus de 500.000 signatures, soit la moitié de leur objectif, a indiqué jeudi l'eurodéputée belge Frédérique Ries (MR).
C'est des Pays-Bas qu'a été adressé le plus grand nombre de signatures, devant la Belgique où 80.000 personnes ont déjà signé la pétition consultable sur le site www.oneseat.eu. Critiquée par de nombreux eurodéputés depuis longtemps déjà, la double localisation du Parlement à Bruxelles et Strasbourg est revenue au devant de la scène après que le Parlement eut découvert que la capitale alsacienne a surfacturé, pendant des années, les loyers de deux bâtiments occupés par les eurodéputés depuis 1979.
Les initiateurs de la pétition espèrent recueillir un million de signatures, chiffre qui renvoie à une disposition du projet de traité constitutionnel européen qui impose aux instances européennes de prendre en considération toute initiative soutenue par un million de citoyens européens. Selon des chiffres avancés par le secrétaire général du Parlement, un regroupement de l'institution dans une seule ville permettrait à l'UE d'économiser, chaque année, quelque 209 millions d'euros.
La décision "définitive" de disperser les activités du Parlement européen entre Strasbourg, Bruxelles et Luxembourg (où son secrétariat général est établi) a été prise à l'unanimité des Etats membres lors du sommet d'Edimbourg, en 1992. Les députés ne siègent que 4 jours par mois à Strasbourg, le reste des activités (réunions de groupes, de commissions, sessions extraordinaires) se tenant à Bruxelles. Conformément au traité, seuls les Etats membres pourraient revoir ces provisions. L'unanimité des Vingt-cinq serait toutefois à nouveau requise.
Or, on voit mal la France abandonner Strasbourg vu les importantes retombées économiques, mais aussi symboliques, de la présence du Parlement européen dans la capitale alsacienne, ville qui incarne la réconciliation franco-allemande. Le président du Parlement européen, Josep Borrell, s'est toutefois engagé à évoquer la question lors du sommet européen, la semaine prochaine à Bruxelles.
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