Un an après le "non" français, l'Europe reste en panne
May 26, 2006
Les ministres des Affaires étrangères des Vingt-Cinq se retrouvent samedi et dimanche dans un monastère autrichien pour évaluer la situation lors d'un exercice dont on attend peu.

"Nous avons perdu notre boussole", a reconnu récemment l'un des derniers "sages" de l'Union européenne, le Premier ministre luxembourgeois Jean-Claude Juncker.

Quinze pays ont désormais ratifié la Constitution et la Finlande devrait suivre dans les semaines à venir, maintenant ce texte artificiellement en vie dans l'espoir de le ressusciter en tout ou en partie lorsque le contexte sera meilleur.

Il s'agit d'attendre le renouvellement des exécutifs français et néerlandais au printemps 2007, mais cela ne résout pas la question fondamentale: comment faire revoter en France et aux Pays-Bas et comment convaincre des pays comme le Royaume-Uni et la Pologne d'organiser des référendums suicidaires?

"Il n'y a pas de consensus entre les gouvernements", a décrété le président de la Commission, José Manuel Barroso. Un ambassadeur confirme que pour l'instant, et notamment au sommet européen de juin où sera effectué le bilan d'une année de "réflexion", le débat ne pourra pas aller très loin. "On peut parler de la Constitution, mais on ne trouvera pas de réponse consensuelle aujourd'hui", a-t-il déclaré.

Les dirigeants des grands pays ont d'autres soucis pour l'instant: Tony Blair apparaît en sursis, Jacques Chirac cherche à terminer son mandat et tant Romano Prodi en Italie qu'Angela Merkel en Allemagne sont à la tête de coalitions.

Pour Juncker, la crise est tellement profonde qu'il est illusoire d'attendre quoi que ce soit avant 2009 ou 2010, les politiques ayant perdu la confiance des opinions sur l'Europe.

Les partisans du "non" commencent bien à sortir leur propre plan B, comme Laurent Fabius l'a fait mardi dans Le Monde.

Mais ses principales propositions - harmonisation fiscale et sociale préalable à tout nouvel élargissement - sont soutenues par une poignée de pays de l'Union européenne à peine, tous les nouveaux et la plupart des anciens y étant opposés.

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