La cour d'assises d'appel de Paris rejuge à partir de ce mercredi Jean Castela et Vincent Andriuzzi, présentés comme les commanditaires de l'assassinat du préfet de Corse Claude Erignac, et condamnés en juillet 2003 à trente ans de réclusion criminelle. Leur procès devant la cour d'assises spécialement composée de magistrats, comme le prévoit la loi pour les crimes à caractère terroriste, doit durer jusqu'à la fin du mois de février.
Des huit personnes jugées pour cet assassinat, seuls MM. Castela et Andriuzzi, respectivement âgés de 46 et 50 ans, ont fait appel. Le 11 juillet 2003, la cour d'assises de Paris les a reconnu coupables de complicité dans l'assassinat du préfet et dans le cadre des attentats de Mende (1994), Vichy et Strasbourg (1997).
Quant aux membres du commando ayant participé à l'assassinat du préfet, ses six membres ont été condamnés à des peines allant de 15 ans de réclusion criminelle à la perpétuité, peine infligée à Pierre Alessandri et Alain Ferrandi, reconnus coupables d'être les auteurs du crime.
Au lendemain de l'assassinat, les enquêteurs ont la certitude que ses auteurs sont en rupture de ban avec la mouvance nationaliste. Jean Castela et Vincent Andriuzzi sont des anciens membres du Syndicat corse de l'enseignement et d"'A Cuncolta Naziunalista".
Selon l'accusation, les deux hommes auraient conçu et initié ce crime, réalisé par le commando. Idéologues au nord de l'Ile, exécutants au sud -Alain Ferrandi étant le lien entre les deux groupes- le tout formant le "groupe des anonymes".
A son actif, l'attaque de la gendarmerie de Pietrosella où a été volée l'arme ayant servi à tuer le préfet. Le communiqué aurait été rédigé par le duo Castela-Andriuzzi. Principal éléments à charge contre les deux accusés: "une réunion conspiratrice" tenue le 19 août 1998 à Ajaccio entre Ferrandi, Castela et Andriuzzi où les trois hommes auraient préparé le quatrième communiqué du "groupe des anonymes".
Vincent Andriuzzi, enseignant reconverti en conducteur de travaux, a toujours assuré qu'il s'agissait d'une réunion de travail concernant des travaux de l'agence Hertz à l'aéroport d'Ajaccio dont Alain Ferrandi était le gérant. Me Patrick Maisonneuve, avocat d'Andriuzzi, compte déposer à l'audience des "documents qui accréditent une relation de travail entre les deux hommes" et entend plaider l'acquittement de son client.
La défense considère pour sa part que les charges contre leurs clients sont ténues. L'accusation
considère que les deux appels reçus par Jean Castela le 6 février 1998 après le crime proviennent forcément du groupe du sud afin de donner le numéro de l'arme pour qu'il soit mentionné sur le communiqué de revendication.
Jean Castela et Vincent Andriuzzi encourent la réclusion criminelle à perpétuité.
DOSSIER CORSE
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