Bernard Bonnet, l’ancien préfet de Corse qui a défrayé la chronique autant grâce à ses investigations dans l’affaire de l’assassinat de son prédécesseur, le préfet Erignac qu’à cause de sa condamnation dans l’affaire de la paillote incendiée, sortira le 7 septembre 2005 un livre qui s’annonce explosif, sous le titre « Le sang et le pilori » (Editions L'archipel -Belfond). Il a résumé lui-même le contenu de son livre.
« Le préfet Erignac est assassiné le 6 février 1998. Jospin et Chirac me nomment en Corse Je découvre l'identité des principaux assassins présumés du préfet Erignac dès l'automne 1998. Mes informations, qui se révèleront
ultérieurement exactes, sont sabotées par l'irruption de Matignon dans l'enquête. Je suis incarcéré quelques semaines après par un juge en situation irrégulière au tribunal d'Ajaccio pour complicité d'incendie d'une paillote appartenant à Féraud, infraction dont la justice reconnaîtra en février 2005 qu'elle est fantaisiste.
Quelques semaines après mon incarcération, je suis mis en examen à la prison de la Santé par un juge de Perpignan pour une prétendue infraction financière, dont la justice admettra en janvier 2003 qu'elle est sans aucun fondement…
L'Etat s'est servi du naufrage de la justice en Corse pour me retirer mon emploi, toute ressource financière, mes décorations, mes droits civils et civiques, après avoir favorisé un lynchage sans précédent pour un haut fonctionnaire.
Le livre explique la panique du pouvoir. Pourquoi ce livre maintenant?
Mon livre est d'abord un hommage au préfet Erignac. C'est moi qui ai découvert l'identité des ses principaux assassins tandis que policiers et magistrats pataugeaient dans la piste agricole, laquelle est à l'origine de centaines d'interpellations qui ont alourdi sans raison le climat en Corse. Cela ne me donne aucun droit- personne ne m'en a d'ailleurs su gré- mais cela me crée une exigence, celle du témoignage.
J'ai été empêché de témoigner lors du procès de l'été 2003. J'ai décidé de rendre public mon témoignage avant les procès en appel et l'éventuel procès d'Yvan Colonna. J'y suis poussé puisqu' à la fin de l'année 2004, j'ai été gravement mis en cause par l'un des assassins présumés (Castela), dans un communiqué rendu public. Il m'accuse d'avoir instrumentalisé sa culpabilité et d'être à l'origine de sa condamnation à 30 ans de prison. Il n'a pas été démenti…
Je suis conscient que mes révélations, notamment sur le sabotage de mes informations, vont mettre à mal la version judiciaire de l'assassinat, mais la vérité est un impératif absolu que l'on doit au préfet Erignac.
Le premier procès de l'été 2003 n'a pas permis de répondre à des questions essentielles:
-Pourquoi les menaces contenues dans le communiqué du groupe Sampieru du 21 janvier 1998 ont-elles été dissimulées à Claude Erignac? Alessandri, l'un des assassins, a dit lors du premier procès que si Claude Erignac avait été accompagné, le commando n'aurait pas mis son projet à exécution. Quelle est l'autorité judiciaire qui, informée des menaces, n'a pas réagi? Claude Erignac était menacé, il n'en a rien su. Pourquoi, à cause de qui? Son assassinat aurait pu être évité. Ce n'est pas certain, c'est possible. C'est trop. Les prochains procès devront répondre à ces terribles questions
-La manipulation essentielle de l'assassinat et des attentats préparatoires est l'invention du faux groupe clandestin Sampieru. Cette mystification est la clé de l'assassinat du préfet et des attentats préparatoires. Le premier procès est passé totalement à côté. Cette manipulation sophistiquée est décisive pour savoir qui a conçu le plan qui s'est tragiquement conclu par l'assassinat du préfet Erignac, et qui était informé du projet d'assassinat.
-Dans un chapitre clé du livre- chapitre 9- j'expose intégralement le témoignage que j'aurais voulu développer devant la Cour d'assises, en révélant que mon informateur a sans doute permis de sauver des vies. Je révèle pour la première fois le document inédit qui m'a conduit à prendre au sérieux à l'automne 1998 les informations mettant en cause Castela et Andriuzzi- qui ont fait appel de leur condamnation- et comment j'ai été amené à citer le premier le nom de Colonna, parmi les suspects.
L'affaire des paillotes corses
Il a fallu 6 ans à la justice pour faire éclater la vérité (Jugement de la Cour administrative d'appel de Marseille du 21 février 2005.) L'affaire des paillotes corses du printemps 1999 est l'un des plus retentissants scandales judiciaires de la Vème République: la prétendue victime qui, par sa plainte, est responsable de l'incarcération d'un préfet, d'un colonel de gendarmerie, d'un sous-préfet et d'une demi douzaine d'officiers de gendarmerie n'était pas une victime, mais un usurpateur. Un an à peine après l'assassinat du préfet Erignac, quelques semaines après que j'ai découvert l'identité de ses assassins, il est établi que le gouvernement Jospin n'a pas hésité…
Lire la suite dans le nouveau livre du « préfet Bonnet » qui donne effectivement un tout autre éclairage d’une affaire d’Etat qui n’a jamais été ce qu’on a bien voulu nous faire gober !
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