Le pape antisémite ?
Jul 27, 2005
Israël demande des explications au Vatican sur le sermon prononcé dimanche par le pape, dans lequel il a condamné les attentats perpétrés dans de nombreux pays sans faire référence à une récente attaque palestinienne contre l'Etat juif. S'adressant aux fidèles italiens, Benoît XVI a déploré dimanche "la mort, la destruction et la souffrance (semées) dans plusieurs pays dont l'Egypte, la Turquie, l'Irak et la Grande-Bretagne", demandant à Dieu d'"arrêter la main des assassins conduits par le fanatisme et la haine".

Le ministère israélien des Affaires étrangères a dit avoir convoqué le nonce (ambassadeur du Vatican) pour lui demander pourquoi le pape n'avait pas fait référence à l'attentat suicide du 12 juillet à Netanya, dans lequel cinq Israéliens avaient été tués. "L'omission du pape constitue une injustice criante", estime le ministère dans un communiqué, ajoutant qu'elle ne peut être interprétée que comme une légitimation des attentats contre les juifs.

Le Vatican s'est dit surpris de cette réaction et a accusé Israël de déformer délibérément les propos du pape. "Les propos de Benoît XVI portaient explicitement sur les attentats de ces derniers jours. Il est surprenant qu'il ait été décidé de déformer ce que voulait dire le Saint Père et de s'en servir comme prétexte", dit un communiqué du Vatican. "L'Eglise, et Benoît XVI lui-même, ont à maintes reprises condamné le terrorisme, d'où qu'il vienne et quelles que soient les personnes visées. "A l'évidence, le grave attentat de l'autre semaine à Netanya, auquel font allusion les propos israéliens, tombe sous le coup de la condamnation générale et sans réserve du terrorisme."

Benoît XVI, qui a succédé à feu Jean Paul II en avril, ne s'est toujours pas prononcé en public sur le conflit israélo-palestinien. Le pape polonais avait condamné la violence des deux parties tout en appelant à la création d'un Etat palestinien. Benoît XVI a promis de poursuivre le travail de compréhension entre religions entrepris par son prédécesseur, et il a déclaré qu'il "donnerait priorité" à l'invitation de Sharon à se rendre en Israël.

"Nous devons taper du poing sur la table et dire (au pape): 'vous ne pouvez améliorer les relations avec les juifs si vous ne condamnez pas les meurtres dont ils sont victimes'", a prévenu Nimrod Barkan, responsable du bureau "diaspora et religions" du ministère des Affaires étrangères.

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