Tony Blair a assuré être un "Européen passionné" et appelé à un débat "franc et ouvert", sans "échanges d'insultes", sur l'avenir de l'Union européenne, en présentant jeudi devant les eurodéputés les priorités de la présidence britannique qui débutera le 1er juillet.
Visiblement soucieux de stopper l'escalade verbale entre les dirigeants des 25 depuis l'échec la semaine passée du sommet de Bruxelles, le Premier ministre britannique a assuré "croire en l'Europe en tant que projet politique". Récusant vouloir "abandonner le modèle social européen", il s'est posé en chantre de sa "modernisation" par le biais de la réforme économique, pour adapter l'UE aux défis de la mondialisation et parvenir à "une Europe sociale qui fonctionne".
"Je crois en l'Europe en tant que projet politique. Je crois en une Europe avec une dimension sociale forte. Je n'accepterai jamais de réduire l'Europe à un simple marché économique", a-t-il ajouté, en réponse à une critique voilée de l'actuel président de l'UE, le Luxembourgeois Jean-Claude Juncker.
"Quelles que soient les choses sur lesquelles les peuples divergent en Europe, ils sont d'accord au moins sur un point. L'Europe est au milieu d'un débat profond sur son avenir", a affirmé M. Blair. "Ayons le courage de le mener", a-t-il ajouté, en appelant à un "échange ouvert et franc" qui "ne soit pas conduit par des échanges d'insultes".
Niant avoir provoqué l'échec du sommet de Bruxelles par son inflexibilité, Tony Blair a affirmé au contraire avoir été "le premier dirigeant britannique" à accepter de "mettre sur la table" le rabais concédé depuis 1984 au Royaume Uni sur sa contribution au budget européen.
Contrant les accusations de M. Juncker, il a nié avoir exigé une remise à plat immédiate des finances communautaires prenant en compte le coût de la politique agricole commune (PAC) pour prix de son ralliement à un compromis sur le budget 2007-2013 de l'UE. "Je n'ai jamais dit que je voulais changer la PAC maintenant ou la renégocier en une nuit", a assuré le Premier ministre britannique, tout en répétant sa conviction qu'"un budget moderne n'est pas celui qui, dans dix ans, consacrera 40% de ses dépenses à l'agriculture".
"Dans chaque crise, il y a une opportunité. Il y en a une ici et maintenant pour l'Europe, si nous avons le courage de la saisir", a déclaré Tony Blair. "Ce n'est pas le moment d'accuser ceux qui veulent changer l'Europe de trahir l'Europe. Il est temps de reconnaître que ce n'est que par le changement que l'Europe retrouvera sa force, son intérêt, ses idéaux et par là-même son soutien parmi ses peuples", a-t-il poursuivi.
"La question ne porte pas sur l'idée de l'Union européenne. Elle porte sur la modernisation. Elle porte sur la politique. Ce n'est pas un débat sur comment laisser tomber l'Europe mais comment lui faire faire ce pourquoi elle a été mise sur pied: améliorer la vie des gens", a-t-il martelé.
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