L'Armée du peuple corse menace de passer à l'action dans un mois
Nov 23, 2004
L'Armée du peuple corse (APC) a menacé de passer à l'action "dans un mois exactement" contre des cibles déjà "verrouillées" si l'Etat ne s'engage pas en faveur du "regroupement" des prisonniers et de "l'arrêt des poursuites" contre les "combattants du peuple corse", dans un communiqué authentifié transmis lundi à l'AFP.

Lisant un texte, qui s'adresse au garde des Sceaux Dominique Perben, attendu lundi après-midi à Ajaccio, un correspondant anonyme a déclaré: "Nous avons verrouillé des cibles qui sont désormais nos otages si vous n'engagez pas une politique de rapprochement, de regroupement et d'amélioration des conditions de détention dans un premier temps, et l'arrêt des poursuites total dans un deuxième temps pour les combattants du peuple corse".

Aucune précision n'a été apportée sur la nature de ces cibles.

"Nous passerons à l'action dans un mois exactement à partir de ce jour", a ajouté l'interlocuteur ajoutant: "Pour l'instant, nous décrétons un pacte de non agression que l'Etat français doit accepter sous peine de représailles immédiates sur une cible de notre choix".

L'APC, qui s'était manifestée pour la première fois en juillet, a lancé le 14 novembre un "avertissement" à l'UMP, en revendiquant un attentat contre la mairie de Bordeaux. En août, ce mouvement clandestin avait lancé un autre avertissement "à tous les fonctionnaires de passage sur l'île" en leur demandant de partir.

Soulignant que son objectif reste la recherche d'une solution à "la question nationale corse", l'APC souligne que ses membres sont "des patriotes corses ayant subi la répression qui ne peuvent supporter que certains de leurs frères la subissent toujours" et rappelle leur "choix, celui d'un durcissement de la lutte de libération nationale".

Dans une interview au quotidien Corse-Matin, avant son arrivée en Corse, M. Perben a affirmé qu'"il n'y a pas de justice d'exception en Corse".

Parmi les actions déjà revendiquées par l'APC figurent notamment un attentat qui avait fait de légers dégâts contre la mairie de Bordeaux le 29 octobre, ainsi que des attentats perpétrés le 5 septembre contre une annexe du rectorat de l'académie de Corse et le 10 octobre contre l'inspection académique d'Ajaccio.

Le garde des Sceaux Dominique Perben s’est rendu lundi en Corse du sud, à Ajaccio, où est notamment prévue la construction d'une nouvelle prison. Le ministre devait inaugurer un nouveau centre dédié à la justice, le "Finosello", où seront concentrés les tribunaux de commerce, d'instance et pour enfants et participer à une réunion plénière avec les magistrats et les personnels de la cour d'appel de Bastia (dont dépend le TGI d'Ajaccio), à la signature d'un "contrat d'objectif" avec la cour, ainsi qu'à une rencontre avec les élus "sur les sujets concernant le ministère de la Justice".

Parmi les sujets que le ministre était amenés à évoquer devait figurer la localisation de la future prison du sud de l'île, un centre pénitentiaire (maison d'arrêt et centre de détention). Sa création est prévue depuis longtemps pour répondre à une veille revendication des nationalistes, qui réclament le rapprochement des détenus condamnés et de leurs familles.

Dès décembre 2002, le gouvernement avait entamé ce processus de retour sur l'île, une mesure qui a concerné jusqu'à présent peu de condamnés définitifs.
Elle avait été présentée comme "transitoire" par le ministre de la Justice dans l'attente de la construction, d'ici quatre à cinq ans, de la nouvelle prison, dans la région d'Ajaccio.

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