En 2001, Maggy Delvaux, cette jeune femme d’origine congolaise qui s’est immolée par le feu place d’Armes à Luxembourg, travaille pour Lux interim. Des différends l’opposent à son employeur. Le 18 octobre 2001, l’Inspection du Travail et des Mines avait retenu, sur demande de Maggy Delvaux du 11 septembre 2001, que Lux interim lui devait encore 151,71 euros d’arriérés de salaire. Le 30 octobre 2001, elle tombe malade. Elle va voir un médecin, le docteur B, qui lui certifie un congé de maladie de quinze jours. Son mari, Olivier Delvaux, envoie, par courrier recommandé, les différents volets du constat d’incapacité de travail aux personnes concernées. A savoir à l’employeur Lux interim, au client de Lux interim et aux Assurances Sociales. Le 6 novembre 2001, la société Lux intérim licence Maggy Delvaux-Mufu sans préavis ni indemnités au motif que cette dernière ne se serait plus présentée au travail depuis le 30 octobre 2001 et n’aurait pas justifié cette absence. Maggy Delvaux conteste ce licenciement. Par jugement du 24 janvier 2003, le tribunal déboute Maggy Delvaux et déclare le licenciement régulier. Lux interim affirme n’avoir jamais reçu de certificat de maladie de Maggy Delvaux. Tout en considérant comme établi qu’Oliver Delvaux avait bien envoyé un certificat de maladie et que l’employeur l’avait bien reçu, le tribunal estime que l’absence du nom de Maggy Delvaux sur sa copie du volet du constat d’incapacité de travail ne confirme pas que le certificat signé par le docteur B la concernait elle, Maggy.
Cette dernière se fait confirmer par une attestation du docteur B que le certificat du 30 octobre 2001 était bien un constat d’incapacité de travail établi à son attention. Le docteur B relève ne pas avoir collé l’étiquette avec le nom et la matricule de Madame Delvaux sur le 4ème volet destiné à la mémoire du patient. Or, le tribunal ne cite nullement cette attestation de témoin du docteur B. Attestation que le couple Delvaux avait pourtant bien remise comme pièce à conviction à son avocat. Par contre, le tribunal accepte le témoignage d’une employée de bureau de Lux interim qui témoigne avoir été présente à la réception par son employeur du courrier recommandé d’Olivier Delvaux et que ce courrier ne contenait pas de certificat de maladie. Le jugement en appel confirme le jugement en première instance.
Est-il surprenant que Maggy Delvaux-Mufu ait fait le lien entre le licenciement pour faute grave du 6 novembre 2001 et sa protestation auprès de l’Inspection du Travail et des Mines ? Est-il surprenant que la confiance de Maggy Delvaux-Mufu dans l’État de droit luxembourgeois ait été négativement affectée par le fait que le témoignage en sa faveur par son médecin traitant n’avait pas été pris en considération par le tribunal ?Comme nous l’avions déjà écrit, il s’avère que le couple Delvaux n’en était pas à sa première expérience décourageante avec l’État luxembourgeois. L’enquête en cours en relèvera-t-elle d’autres ?
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