Le gouvernement français finance la presse
Aug 5, 2004
Le Premier ministre Jean-Pierre Raffarin a rendu publiques les décisions prises concernant la presse dans le cadre du projet de loi de finances pour 2005, qui comporte notamment 19 M EUR pour le plan de "modernisation sociale" des imprimeries des quotidiens nationaux et autant pour celui des quotidiens régionaux. "La presse française se trouve aujourd'hui dans une phase de modernisation sans précédent", écrit le Premier ministre dans une lettre du 28 juillet, envoyée aux présidents des organisations professionnelles de presse.

M. Raffarin fait part des "décisions" qu'il vient de prendre, en "étroite coordination" avec le ministre de la Culture et de la Communication, M. Renaud Donnedieu de Vabres, "sur les financements publics à la presse dans le cadre du projet de loi de finances pour 2005".

La Correspondance de la Presse avait indiqué que M. Raffarin avait fait parvenir une lettre aux organisations professionnelles sur les arbitrages rendus sur les 48 millions d'euros redéployés à partir de la contribution de l'Etat à la Poste. En 2003, la subvention de l'Etat à la Poste pour transporter la presse avait atteint 290 M EUR. Celle-ci devrait se stabiliser à 242 M EUR, jusqu'à 2008, selon l'accord Presse-Poste signé le 22 juillet.

Selon la lettre de M. Raffarin, 19 millions d'euros iront à chacun des deux "plans de modernisation sociale des imprimeries, de la presse quotidienne nationale d'une part et de la presse quotidienne en régions, d'autre part". Par ailleurs, 12,7 M EUR iront, comme cette année, à l'aide à la distribution, "qui devait normalement s'interrompre en fin d'année 2004". Une somme de 3,5 M EUR permettra également "à l'Etat d'accompagner le plan d'aides aux diffuseurs en cours d'élaboration au sein de la profession". Par ailleurs, le ministre de la Culture et de la Communication pourra "mobiliser jusqu'à 3 M EUR" sur le fonds de modernisation de la presse pour développer "la lecture de la presse par les jeunes". Enfin, les crédits budgétaires "finançant les autres aides à la presse et l'Agence France-Presse (AFP) seront reconduits en euros courants".

Xavier Ellie, président de la Fédération nationale de la presse française et du Syndicat de la Presse parisienne, se félicite "de ces décisions qui correspondent bien aux nécessités de l'heure". "La presse enregistre avec satisfaction cette prise de conscience par les pouvoirs publics des problèmes principalement de distribution, au travers de la Poste, de l'aide maintenue aux NMPP. Elle est satisfaite de l'aide apportée à la solution de modernisation technique et sociale des imprimeries de presse", a-t-il poursuivi. "Dans un cadre de budget très difficile, il faut souligner l'effort de l'Etat", a encore affirmé M. Ellie.

Ce plan de modernisation sociale des imprimeries qui concernera plusieurs centaines de personnes, devrait aboutir prochainement. Il fixera les effectifs, les conditions d'âge et de départ. Il pourrait faire partir les ouvriers du Livre à partir de 50 ans. Un accord-cadre a été signé au ministère le 10 février, suivi de discussions entre syndicats et patronat, en voie d'achèvement, portant sur la définition des postes.

Par ailleurs, des plans d'entreprise sont en cours, et même aboutis au Monde imprimerie et au Figaro. Enfin, le plan social avec le financement de l'Etat paraît réglé compte tenu de cette lettre du Premier ministre, note-t-on de même source.

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