>

Les journalistes américains inquiets pour l'avenir de leur profession
May 25, 2004
Les journalistes américains s'inquiètent pour l'avenir de leur profession, fragilisée par les pressions économiques, et estiment ne pas avoir été suffisamment critiques vis à vis de la politique du président George W. Bush, selon un sondage.

51% des journalistes des médias nationaux et 46% des médias locaux pensent que leur profession évolue dans une mauvaise direction, selon l'étude réalisée par le Centre de recherche américain Pew sur l'opinion et la presse. Pour 66% des journalistes d'organes nationaux, les pressions financières sur leur entreprise "affectent sérieusement" la qualité de la couverture de l'actualité. Ils n'étaient que 41% à penser ainsi en 1995.
Citant une autre étude sur l'état des médias 2004, les experts de Pew précisent que 4% des emplois, soit 2.000 postes, ont été supprimés dans la presse écrite entre 2000 et 2004 et 57% en radio entre 1994 et 2001. Dans les réseaux nationaux des chaînes de télévision, le nombre de correspondants a chuté de 35% mais le nombre de sujets traités par journaliste s'est accru de 30%.

Par ailleurs, 55% des journalistes des médias nationaux pensent que la presse a été insuffisamment critique vis à vis du président Bush. 35% pensent que la presse a traité M. Bush avec équité et seuls 8% qu'elle a été trop critique. Les journalistes locaux sont moins sévères puisque seuls 37% d'entre eux estiment que les médias ont insuffisamment critiqué le président.

L'étude indique qu'une majorité de journalistes (54% de la presse nationale) se considèrent politiquement "modérés" tandis que 34% se présentent comme de gauche ("liberals"), une forte augmentation par rapport à 1995 où ils étaient 22%. Seuls 7% des journalistes des médias nationaux se revendiquent comme étant "conservateurs" alors que 33% des Américains se considèrent comme tels.

Par ailleurs, 60% des journalistes nationaux estiment que l'internet a eu un impact positif sur le journalisme même si 42% d'entre eux pensent qu'il a accru les pressions sur leur travail, notamment sur le plan de la rapidité.
Un nombre croissant de journalistes, 45% cette année contre 35% en 1995, estiment que les erreurs factuelles sont de plus en plus nombreuses dans la couverture de l'actualité.

Les médias américains ont vu leur crédibilité écornée par deux affaires récentes de journalistes plaigiaires, au New York Times et à USA Today. Pew a interrogé 547 journalistes entre le 10 mars et le 20 avril.

©2004 L'investigateur - tous droits réservés