Les heureux bénéficiaires des largesses de Saddam Hussein
Jan 28, 2004
Ils œuvraient pour la levée des sanctions qui ont frappé l’Irak depuis 1991. Le journal irakien « Al Mada », traduit par proche-orient.info donne la liste des ministres, entreprises, partis et organisations qui, dans le monde entier, ont bénéficié de la générosité de Saddam Hussein contre des « services rendus ». Charles Pasqua nie… comme d’habitude.

Un journal irakien, « Al Mada », cité par plusieurs médias arabes, a publié dimanche une liste comprenant les noms des personnalités, entreprises, partis et organisations arabes et internationales qui ont bénéficié de la générosité de Saddam Hussein, contre des « services rendus ». Il s'agit de « coupons » signés par le dictateur qui sont échangés contre du pétrole brut, selon la quantité désignée sur le document. Ainsi, quand ces coupons étaient délivrés à des compagnies pétrolières, elles les échangeaient contre de l'or noir. Mais quand il s'agissait de remercier, ou d'acheter des personnes ou des partis politiques pour leurs efforts déployés en vue de lever l'embargo sur l'Irak, ces coupons étaient vendus par leurs destinataires aux compagnies pétrolières qui, à leur tour, les échangeaient contre du brut.

Il s'agit de ministres, anciens ministres et entreprises de pays arabes, européens, asiatiques, africains et d'Amérique qui ont reçu des « coupons » de Saddam Hussein portant sur des millions de tonnes de pétrole brut. Le brut, « propriété du peuple irakien » selon le pouvoir actuel, était ainsi distribué aux « amis de Saddam », sous couvert de la résolution « pétrole contre nourriture » de l'ONU (1996).

Le ministère du Pétrole irakien affirme préparer les documents nécessaires, mettant en cause les « bénéficiaires des coupons », en vue de les traduire devant une justice internationale. Ils devraient être poursuivis par Interpol afin que puisse être récupéré « l'argent du peuple irakien ».

Parmi les noms des bénéficiaires cités, on retrouve les Syriens Awad Amoura (18 millions de barils), Béchara Nouri (12 millions), Ghassan Chalah (11 millions), Firas Mustapha Tlass, le fils du ministre de la Défense (6 millions), le Yéménite Abdelkarim Ariani (7,8 millions), le Malaisien Fayek Ahmed Chérif (69,5 millions), les Indonésiens, la fille du président Sokarno (2 millions), Megawati (8 millions), les Émiratis Sumltan Bin Zayed aL Nahyan, fils du président ( 4 millions) et son frère Issa (5 millions), trois Marocains (au total 17 millions), deux Algériens, trois Tunisiens, huit Italiens, trois Espagnols, quatre Yougoslaves, six Biélorusses, deux Roumains, deux Britanniques dont le député George Galloway (19 millions), un Canadien, deux Américains, le ministre tchadien des Affaires étrangères, un Thaïlandais, un Panaméen, un Hongrois, quatre Sud-Africains, un Philippin, un Hollandais, onze Français dont Charles Pasqua (12 millions), Patrick Mougin (25 millions), Michel Grimard, l'Association d'Amitié franco-arabe (15,1 millions), Bernard Miramé (11 millions), cinq Chinois, quatorze Jordaniens, dont Chaker Bin Zeyd, Tijane Al-Fayçal et Leit Chbeïlate, les Palestiniens, Abou Abbas (11,5 millions), Abdallah Hourani (8 millions), OLP (4 millions), FPLP (5 millions) et le département politique de l'OLP (5 millions). À ces personnalités, partis et entreprises, s'ajoutent 11 Égyptiens, dont le fils du président Abdel Nasser, quatorze Libanais dont le fils du président Lahoud (4,5 millions), les députés Najah Wakim et Zaher al Khatib (3,5 millions), trois Bahreïnis, deux Saoudiens, cinq Qataris, un Libyen, deux Brésiliens, deux Irlandais, quatre Nigérians, un Kenyan, deux Bulgares, deux Autrichiens, onze Suisses, un parti slovaque, douze Ukrainiens, et 46 entités et personnalités Russes, y compris des Tchétchènes.


L'ancien ministre de l'Intérieur Charles Pasqua dément avoir été financé par le régime de Saddam Hussein, comme le laisse supposer une liste publiée dans un journal irakien.

"Je n'ai jamais rien reçu de Saddam Hussein, ni pétrole ni argent. je ne suis pas et je n'ai jamais été un ami de Saddam Hussein", dit Charles Pasqua dans un entretien au journal Le Monde daté du 28 janvier.


Le nom de l'ancien ministre français apparaît sur une liste de plus de 270 personnalités publiée dimanche par le journal de Bagdad Al Mada, des personnes qui auraient été "récompensées" de leur soutien à l'Irak avec des barils de pétrole.

Ces attributions auraient permis aux bénéficiaires de revendre ces barils à des sociétés, moyennant des commissions. Selon cette liste, douze millions de barils auraient été accordés à Charles Pasqua.

"Je m'étonne qu'une nouvelle fois, à un moment où je me relance politiquement, on essaie de m'éclabousser (...) Si j'avais touché de l'argent de Saddam, avec toutes les investigations qui ont été menées par des juges d'instruction, cela se saurait", assure Charles Pasqua.

L'ex-ministre rappelle qu'il était, avec le RPR, favorable à la guerre de 1991 contre l'Irak.

Charles Pasqua est mis en examen dans plusieurs affaires, notamment dans une enquête sur un trafic d'armes présumé vers l'Angola en 1993-1994. Une dizaine d'autres personnalités françaises, peu connues, figurent sur la liste.

Dans Le Monde, l'une d'entre elles, Patrick Maugein, un homme d'affaires, dément également avoir bénéficié d'avantages du régime de Bagdad.

Gilles Munier, secrétaire général des Amitiés franco-irakiennes, admet de son côté avoir perçu une commission en "introduisant" en Irak une entreprise pétrolière, dont il refuse de donner le nom.


Selon lui, l'opération s'est effectuée tout à fait légalement. "Tout cela se faisait dans le cadre de la formule dite 'pétrole contre nourriture' et n'avait rien d'illégal.

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