Les manifestations de l’antisémitisme dans l’Union Européenne
Dec 2, 2003
François Zimeray rend publiques les conclusions du rapport censuré sur l'antisémitisme dans l'Union européenne. Le site proche-orient.info en publie des extraits.

Le 22 novembre dernier, une « indiscrétion » du « Financial Times » nous apprenait que l'Observatoire de l'Union européenne venait de décider de ne pas publier un rapport qui met en évidence la complicité de musulmans et de pro-palestiniens dans des incidents antisémites. François Zimeray, grâce à une source proche du « Financial Times » a pu se procurer ce document qui n'a pas été divulgué alors qu'il a été déposé en février 2003 et que les auteurs "demandent aux autorités nationales au plus haut niveau d'admettre les dangers extraordinaires créés par la violence antisémite dans le contexte européen". Voici des extraits des conclusions de ce document.

Le rapport, de plus de cent pages, extrêmement détaillé, s'appuie sur d'abondantes références et a été rédigé par le "Center for Research on Antisemitism" de la " Berlin's Technical University " pour le compte du European Monitoring Center on Racism and Xenophobia (EUMC). C'est l'un des instituts les plus renommés du monde.

" (…) On peut en conclure que, sur la période étudiée, les actes d'antisémitisme ont été commis de façon générale soit par des extrémistes d'extrême droite, soit par des extrémistes islamistes soit encore par des musulmans d'origine arabe, lesquels sont eux-mêmes souvent les victimes potentielles d'exclusion et de racisme. On peut aussi en conclure que les déclarations antisémites sont venues tout autant de groupes pro-palestiniens (…) que de responsables politiques ou de citoyens de tous bords.

(…) À l'extrême gauche, les expressions de l'antisémitisme se retrouvent principalement dans le contexte des rassemblements pro-palestiniens et anti-globalisation, mais aussi dans des articles de journaux reprenant les clichés antisémites dans leur critique d'Israël. Cela a souvent généré un mélange d'idées antisionistes et antiaméricaines, constituant un élément important dans l'émergence de l'esprit antisémite en Europe.

(…) Un autre aspect encore qui est à remarquer est que les populations juives locales sont assimilées de manière étroite à l'État d'Israël et à sa politique. Les juifs européens sont donc "otages" de la politique israélienne. Il y a là un amalgame entre les motifs antisémites, anti-israéliens et antisionistes.

(…) Le fait que le conflit du Proche-Orient se situe à l'emplacement des lieux saints chrétiens est aussi à l'origine d'un regain d'anti-judaïsme chez certaines personnalités et leaders religieux de même que dans certains journaux bien intentionnés.

(…) A gauche, on retrouve l'expression de l'antisémitisme principalement dans le contexte des rassemblements pro-palestiniens et altermondialistes et les commentaires critiques à l'égard d'Israël dans les médias qui diffusent leurs idées.

(…) De fait, les Européens qui se sont le plus intéressés au conflit du Proche Orient sont ceux qui ont le plus de sympathie pour la cause palestinienne.

(…) Presque tous les sites influents sur ces sujets, qu'ils soient d'extrême droite ou arabes pro-palestiniens proposent le téléchargement des « Protocoles des Sages de Sion » ou des liens vers des sites qui en offrent l'accès. Il en est de même pour « Mein Kampf », d'Adolf Hitler, dont la traduction circule dans beaucoup de pays arabes".
(source proche-orient.info, Danièle Malka)

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