Marc Simeoni remis en liberté
Dec 23, 2003
Marc Simeoni a été remis en liberté. Il était soupçonné d'avoir hébergé l'assassin présumé du préfet Claude Erignac, Yvan Colonna, et d'avoir acheté avec sa carte bancaire sur internet plusieurs objets retrouvés dans la bergerie où Yvan Colonna avait été arrêté.

Il avait été été interpellé le 26 août à Bastia par les enquêteurs de la division nationale antiterroriste (DNAT), écroué et mis en examen le 1er septembre pour "recel de l'auteur ou du complice d'un crime à caractère terroriste et association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste".

Une empreinte digitale d'Yvan Colonna avait été découverte fin août lors d'une perquisition dans le studio de Marc Simeoni à Bastia.

Remis en liberté lundi après-midi sur décision de la juge d'instruction anti-terroriste Laurence Le Vert, Marc Simeoni devra se plier à un contrôle judiciaire. Selon sa famille et son avocat, il lui est interdit de quitter la Corse et d'entrer en contact avec la famille d'Yvan Colonna, ainsi qu'avec les autres personnes mises en examen dans ce dossier et leur famille.

Quatre personnes sont poursuivies dans ce dossier: Marc Simeoni, Frédéric Paoli, propriétaire de la bergerie où Yvan Colonna avait été interpellé, Claude Serreri, proche de l'ex-compagne d'Yvan Colonna et André Colonna d'Istria, directeur d'un camping de Portigliolo (Corse-du-Sud).

En agissant ainsi, la juge d’instruction Laurence Le Vert, co-signataire d’une lettre avec le juge Thiel, adressée au procureur Bot.

Dans cette lettre envoyée vendredi dernier, les juge Le Vert et Thiel faisaient allusion à l'attentat contre le Club Méditerranée de Sant'Ambrogio, au printemps 2002, revendiqué par le FLNC et s’étonnaient de n’avoir pas été mis au courant.

La libération de Marc Simeoni pourrait être selon nos informations un geste d’humeur de la juge anti-terroriste visant à montrer que puisque plus rien de ce qui concernait la Corse, ne lui était confié, elle relâchait un homme qui a toujours refusé de s’exprimer sur la cavale d’Yvan Colonna. L’autre hypothèse est bien évidemment que le dossier était vide ce qui paraît pour le moins curieux.

En attendant, l’hypothèse de Nicolas Sarkozy et de Claude Guéant dénonçant le piste des bergers a pris du plomb dans l’aile jusqu’à devenir dérisoire.

Dernier avatar de cette libération : Edmond Simeoni a perdu de la hauteur pour prétendre à la première place sur une liste unie nationaliste. Ses proches mettaient en avant le caractère emblématique du personnage mais aussi de son fils. Désormais le personnage se perd dans les limbes d’une histoire vieille de trente ans et son fils est libre.

Soit A Chjama accepte les conditions posées par Corsica nazione-Indipendenza et passe en dixième position avec la possibilité d’un élu voire deux en cas de très bonnes élections. Soit elle constitue sa liste en priant pour qu’un miracle arrive.

Quant à la cavale d’Yvan Colonna, elle redevient ce qu’elle a toujours été : une échappée belle improvisée jour après jour sur le continent comme en Corse. Nous renvoyons sur ce point à nos différents articles sur le site mais aussi sur le journal papier français qu’il est toujours possible d’acheter en s’adressant au courrier électronique du site.

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