Le quotidien saoudien Al Watan rapporte la bataille opposant cheikh Youssef Karadaoui au cheikh d'al-Azhar, Mohammed Tantaoui, au sujet de l'interdiction du port du voile dans les écoles publiques françaises. Cheikh Tantaoui a estimé qu'il s'agit d'une « affaire intérieure » à la France. Pour Karadaoui, le foulard ne peut pas être mis sur pied d'égalité avec les autres signes religieux : il s'agit, dit-il, d'une obligation religieuse non négociable. En tant que président du Conseil des fatwas européennes, cheikh Karadawi a décidé de demander au président Chirac de revenir sur sa décision en faveur de l'adoption d'une loi.
D'autre part, le quotidien saoudien note que la décision de Chirac a été très mal accueillie en France, non seulement par les musulmans mais aussi par l'opposition politique, notamment les Verts et le Parti communiste, ainsi que par les représentants des autres religions.
Le quotidien Al-Goumhourya (Égypte) annonce, en titre, que le discours de Chirac a été « salué par les juifs ». Les organisations musulmanes de France, précise-t-il, mettent en garde contre la restriction de la liberté religieuse dont vont, désormais, pâtir les musulmans, certaines d'entre elles ayant même mis l'accent sur le caractère raciste de la décision du président Chirac. Ces positions ont été appuyées par certains représentants de la classe politique, notamment les Verts et le Parti communiste. Cependant, de nombreux rabbins français ont exprimé leur pleine satisfaction à l'annonce de la promulgation d'une loi interdisant le hijab.
Selon Al-Quds al-Arabi (Londres), le président Chirac a déçu non seulement des millions de musulmans à travers le monde, mais aussi tous les défenseurs des droits de l'homme et des libertés civiles et individuelles. Il a pris sa décision sous prétexte de protéger le caractère laïque de la République et la séparation entre les Églises et l'État. Mais il est évident que c'est l'islam qui est le premier (et le seul) visé par son discours. D'ailleurs, tout le remue-ménage auquel on a assisté en France n'a-t-il pas été suscité par des questions de voile à l'école ? Des musulmanes ont été renvoyées des écoles françaises parce qu'elles portaient le voile, mais on n'a jamais entendu parler d'un élève chassé pour port de kippa juive ou de croix chrétienne. De quoi la France a-t-elle peur ? Les musulmans y représentent à peine 5% de la population, ils sont pour la plupart issus du Maghreb, et il y a peu de chance de les voir revendiquer un changement de gouvernement au profit du califat. Quant au port du voile, on a du mal à comprendre dans quelle mesure il pose problème à leur intégration dans la société française.
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