Et ça continue…
Dec 20, 2003
La Réserve fédérale a infligé jeudi une amende de 100 millions de dollars au Crédit Lyonnais en relation avec l'acquisition illégale de la compagnie d'assurances californienne Executive Life en 1991-92.

La Banque centrale souhaite également interdire à l'ancien PDG du Lyonnais Jean Peyrelevade toute activité dans le secteur bancaire américain et demande une amende au civil de 500.000 dollars.

La justice américaine avait inculpé mercredi Jean Peyrelevade et cinq autres anciens responsables de la banque française dans l'affaire Executive Life. Jean Peyrelevade est accusé conspiration, de fausses déclarations à une agence fédérale américaine et de violation des lois bancaires des États-Unis.

L'ancien PDG de Crédit Lyonnais et son ex-bras droit Dominique Bazy, ainsi que Jean-Yves Haberer, Francois Gille, Jean-Francois Hénin et Eric Berloty, encourent des "peines criminelles importantes", a déclaré mercredi Thom Mrozek, porte-parole du bureau du procureur fédéral.

La justice américaine accuse le Crédit Lyonnais, qui était alors une banque publique, d'avoir racheté illégalement en 1991-92 la compagnie d'assurance californienne Executive Life. Au moment des faits, la Californie interdisait aux banques de détenir plus de 25% du capital d'un assureur.

Jean Peyrelevade et les autres inculpés n'étaient pas concernés par l'accord à l'amiable d'un montant de 770 millions de dollars approuvé lundi par les principales parties françaises (Consortium de réalisation, Crédit Lyonnais, Artémis et MAAF) et le parquet de Californie.

Cette nouvelle amende mais aussi de nouvelles poursuites posent une question essentielle : quand les responsables de cette débacle vont-ils payer leur malhonnêteté et leur incompétence en France ?

Car Nicolas Sarkozy peut toujours renvoyer de la Fonction publique un commissaire, que faut-il faire de tous ces hauts fonctionnaires dont la gabegie coûte aux contribuables autant que le déficit de la Sécurité sociale ? N’est-il pas moral que les coupables-responsables paient leur incurie ? Un comptable fonctionnaire est responsable sur ses deniers des erreurs commises. Peut-on accepter, alors que de malheureux sont jetés à la rue lorsque les entreprises ferment, que des puissants parviennent toujours à s’en tirer en passant notamment du public au privé ?

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