L’évadé de Borgo a été condamné vendredi à 5 ans fermes par le tribunal correctionnel d'Ajaccio. Incarcéré en Espagne, il fait l'objet d'une demande d'extradition
Louis Carboni était jugé par contumace vendredi par le tribunal correctionnel d'Ajaccio. Cet homme de 53 ans qui a longtemps travaillé avec les barons de la Brise de Mer est en effet actuellement incarcéré en Espagne pour trafic de stupéfiants et détention d'armes (voir L’investigateur des mois précédents). L’Espagne a jusqu’à maintenant refusé de l’extrader.
Il a donc été condamné à une peine de 5 ans de prison ferme pour « associations de malfaiteurs et recel aggravé » pour des faits qui remontent à 1996.
Il était jugé en compagnie d’Ange-Marie Tavera, Gérard Ducani et René Carino, que la justice soupçonne d'avoir des accointances avec le milieu du grand banditisme.
L’affaire remontait à 1996. La Poste avait décidé de procéder à des transports de fonds mettant à mal le monopole de fait de Bastia Securità la société dans laquelle travaillaient bon nombre d’hommes fichés comme militants du FLNC Canal historique. L’interdiction d’attaque est donc levée pour ce qui concerne tous les transports qui ne sont pas effectués par Bastia Securità.
D’où des attaques sur les camions de transports de fonds Ardial qui se multiplient sur l'île. Au début du mois de juillet à Cauro ce sont des liquidités postales qui sont dérobées. Un renseignement va conduire les enquêteurs à s'intéresser aux trois hommes. Selon les informations, ils se livreraient dans un hangar à un « blanchiment » de cet argent rendu inutilisable par la teinture anti-effraction.
Le GIGN donne l'assaut le 2 octobre 1996 et trouve une machine à laver, des billets en train de sécher. Mais surtout les enquêteurs mettent la main sur une formule chimique qui enlèverait la teinture des billets pollués.
Il y a flagrance. Carboni se serait vanté de détenir cette formule. De plus des billets « lavés » sont retrouvés dans son véhicule.
Les trois associés » ont été condamnés à cinq de prison ferme dont 3 ans et six mois avec sursis.
Leur éventuelle participation directe aux vols aggravés n'a pu être prouvée par le parquet.
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