La santé du détenu breton Paskal Laizé se dégrade dangereusement
Dec 19, 2003
La Coordination Anti-Répressive de Bretagne vient de saisir le secrétariat international de l'association humanitaire Amnesty International de l'inquiétante situation du prisonnier politique breton Paskal Laizé. Âgé de bientôt 38 ans, père de deux enfants (15 ans et 10 ans 1⁄2), électricien de profession, il avait été arrêté le 2 mai 2000. Il raconte les mauvais traitements lors de la garde à vue: "insultes, menaces verbales et physiques à mon endroit et ce qui pourrait arriver à mes proches, surtout mes deux enfants âgés à l'époque de 11 ans 1⁄2 et 7 ans de mon et ex-compagne, constamment des coups ne laissant pas de marque au niveau de la tête".

Il est détenu "provisoire" depuis mai 2000 à la prison de la Santé à Paris. Il dément toute implication dans "L'Affaire de Quévert". Ayant été victime d'un grave accident de la circulation quelques mois avant son arrestation, il ne bénéficie pas des soins nécessaires. Sa santé se dégrade régulièrement et dangereusement sans qu'il puisse être soigné, ni correctement, ni régulièrement. Nous savons déjà qu'il ne marchera plus jamais normalement ; à cette pathologie lourde s'ajoutent maintenant de graves problèmes à l'abdomen avec risque d'éventration. C'est pourquoi nous effectuons cette démarche auprès d'Amnesty International afin que le présumé innocent Paskal Laizé soit immédiatement libéré (il a déjà effectué plus de 43 mois de détention "provisoire" !) et qu'il puisse ainsi se soigner correctement.

Fiche Amnesty International


1) identité du prisonnier

Nom.................................LAIZE
Prénom..............................Pascal
Âge.................................37 ans 1⁄2
Situation familiale.................Séparé 2 enfants ( 15 ans et 10 ans 1⁄2 )
Situation professionnelle...........Électricien industriel et domestique

2) conditions d'arrestation

Arrêté le 2 mai 2000 à 18 heures 30 (environ), rue du Général Chanzy à Fougères (Ille-et-Vilaine, Bretagne) par des membres de la Division Nationale (française) Anti-Terroriste (D.N.A.T.) et du Service Régionale (de Rennes) de Police Judiciaire (S.R.P.J.), sous le commandement du Commandant de Police Lebon et à la diligence du juge d'instruction Gilbert Thiel. Et sous le motif mentionné dans le mandat d'amener signé et co-signé par le magistrat et le fonctionnaire de police cités plus haut en date du 6 mai 2000 ( n° P.V. 113) pour : Association de malfaiteur en vue de préparer des actes de terrorismes ; Tentative de destruction, dégradations, détérioration de biens appartenant a autrui par l'effet d'une substance explosive commis en bande organisé ; Destruction, dégradations, détérioration de biens appartenant a autrui par l'effet d'une substance explosive ayant entraîné la mort d'une personne. Infraction à la législation sur les explosifs ; Toutes infraction en relation avec une entreprise individuelle ou collective ayant pour but de troubler gravement l'ordre public par l'intimidation ou la terreur.

Je fus interpellé sous les yeux de Monsieur Brain Gilles propriétaire du café " An Distro " de manière disons fulgurante et spectaculaire. D'emblée mon véhicule subissait une perquisition et d'autres suivirent plus tard, sur la voix publique de la ville de Fougères à la vue de tous les passant et des habitant. Par la suite une perquisition dans la demeure de ma grand-mère où j'avais pris domicile depuis plusieurs mois. Quatre nouvelles perquisitions suivirent plus tard.

Dès la deuxième perquisition, bien que le domicile de ma grand-mère se trouve en rase campagne, et que celle-ci ne porte pas le même nom de famille que moi et que je n'étais pas déclaré à l'administration communale et au-delà, des chaînes de télévision nationale comme France3 (appartenant à l'État français…) étaient présentes : par qui ont-elles reçu les renseignements nécessaires pour être présentes, si ce n'est que par la DNAT, et dans quel but...

Lors de la garde à vue de quatre jours d'interrogatoire, j'ai été privé de sommeil intentionnellement. Le peu de temps où je m'étais retrouvé dans les cellules d'isolement, il me fut impossible de dormir un tant soit peu par des mesures que je ne citerai pas, puisqu'elles ont déjà été et ce a maintes fois cités. En outre les membres de la DNAT avaient formé trois équipes de deux agents au minimum et se relayaient pour m'interroger. Pendant cette garde à vue, 96 heures intenses : insultes, menaces verbales et physiques à mon endroit et ce qui pourrait arriver à mes proches, surtout mes deux enfants âgés à l'époque de 11 ans 1⁄2 et 7 ans de mon et ex-compagne, constamment des coups ne laissant pas de marque au niveau de la tête. En outre mon problème de santé (plusieurs fractures rotuliennes suite à un accident de la circulation) nécessitait et nécessite toujours des positions alternées ; cependant, je ne pouvais et ne devais pas bouger, ce qui a eu pour conséquences des douleurs et raidissement de mes jambes atrophiées. Je fus aussi privé du minimum sanitaire.

Après un jeûne total volontaire de trois jours, vu l'état de santé pitoyable dans lequel je me trouvais, j'acceptais de m'hydrater. On me donna uniquement de l'alcool, tout ceci dans le but bien précis que je signe des procès-verbaux fallacieux mettant en cause des compatriotes, chose que j'ai fait connaître au juge d'instruction Gilbert Thiel dès ma première comparution.


2 bis) lieu de détention actuel :

en détention " provisoire " depuis mai 2000 à la Maison d'Arrêt des Hommes
42, rue de la Santé
75964 Paris Cedex 14 (France)
Au début 2001, transfert à l'Hôpital (sic !) Pénitentiaire de Fresnes pour environ un mois.
distance d'avec la famille : environ 350 kilomètres entre Paris et le lieu de résidence de mes enfants, dans la région de Saint-Malo (Ille-et-Vilaine, Bretagne).

3) chefs d'inculpation ;

Association de malfaiteurs en vue de préparer des actes de terrorisme ; Tentative de destruction, dégradations, détérioration de biens appartenant a autrui par l'effet d'une substance explosive commis en bande organisé ; Destruction, dégradations, détérioration de biens appartenant a autrui par l'effet d'une substance explosive ayant entraîné la mort d'une personne ; Infraction à la législation sur les explosifs ; Toutes infractions en relation avec une entreprise individuelle ou collective ayant pour but de troubler gravement l'ordre public par l'intimidation ou la terreur.

Précisions sur les chefs d'inculpation ; après une jonction de dossiers, puisque " L'Affaire de Quévert " ne pouvait être renvoyée seule devant la Cour d'Assises telle quelle, le dossier étant vide.

Je suis inculpé dans les mêmes termes que ce qui était mentionné dans le mandat d'amener pour dix attentats ou tentatives d'attentat ; pour " L'Affaire de Quévert ", je ne suis inculpé que de complicité par un tour de passe-passe sans qu'il n'y ait d'auteur principal, contrairement à ce qu'avait affirmé à l'Assemblée Nationale française le Ministre français de l'Intérieur de l'époque, Monsieur Jean-Pierre Chevènement, quelques jours après mon arrestation et celle de mes camarades. En outre, durant l'instruction du Juge d'Instruction " anti-terroriste " Gilbert Thiel, j'ai été mis en examen dans le dossier du vol d'explosifs de Plévin du 28 septembre 1999 par la Juge d'Instruction " anti-terroriste " Laurence Le Vert, alors qu'au moment des faits j'étais hospitalisé suite à un grave accident de la circulation. Dans ce dossier, j'ai bénéficié d'un non-lieu partiel ; je suis mis en examen par la Juge d'Instruction " Anti-Terroriste " Laurence Le Vert pour recel aggravé commis intentionnellement en relation avec une entreprise individuelle ou collective ayant pour but de troubler gravement l'ordre public par l'intimidation ou la terreur.

date du procès :

1. Dossier " Attentats 1993-2000 " : prévu du 1er au 28 mars 2004, devant la Cour d'Assises Spéciale dite " Anti-Terroriste " de Paris (pas de jurés populaires, uniquement des magistrats professionnels) ; première clôture de l'instruction annoncée une première fois le 12 juillet 2002 et pour la deuxième fois le 16 août 2002, ce qui est tout simplement surprenant.

2. Dossier " Vol d'explosifs de Plévin " : aucune date annoncée. Instruction clôturée le 3 mars 2003.

4) durée de la détention provisoire ou arbitraire : arrestation le 2 mai 2000, mise en détention " provisoire " le 7 mai 2000, durée dépassant maintenant trois ans et six mois.

Au cours de ma dernière comparution devant le Juge de la Détention et des Libertés (sic !), celui-ci m'affirmait qu'ils avaient les moyens, vu mon attitude et mes opinions, de me maintenir en détention et qu'ils les utiliseraient.

5) conditions d'accès à la juridiction

5.1 avocat: pas d'entrave particulière ; juge: peu d'interrogatoires pendant l'instruction, toujours pas de procès…

5.2 au personnel médical: les conditions sont très difficiles, les soins sont, soit systématiquement retardés, soit carrément absents, soit incohérents.

Rappel de la Coordination Anti-Répressive de Bretagne


La France a subi le mardi 16 décembre 2003 deux nouvelles condamnations par la Cour Européenne des Droits de l'Homme à Strasbourg ; elle est condamnée à payer 21 425 euros de dommages et intérêts.

Le 27 mai 2003, dans le dossier "Motais de Narbonne contre France",
c'est une indemnisation de plus de 3 280 000 EUR qui avait été accordée aux requérants.

Cela lui assure provisoirement la deuxième place au pilori de la cour de Strasbourg. L'Italie, avec un total de 104 condamnations reste classée première et la Turquie se place troisième : elle en est à 74 condamnations depuis le début de l'année.

Pour la Coordination Anti-Répressive de Bretagne,
Le porte-parole, Claude Le Duigou.

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