L’ETA de nouveau touchée à la tête
Dec 11, 2003
C’est à Lons dans les Pyrénées-Atlantiques, rue du Maréchal-Juin que les policiers de la Division nationale antiterroriste et de la PJ de Bordeaux sont venus, hier à l'aube, arrêter quatre terroristes d'ETA, dont au moins trois responsables de l'appareil militaire, en charge des assassinats et des attentats revendiqués par l'organisation.

Les enquêteurs ont investi une vaste demeure louée au début de l'année par un des militant français du mouvement. Le coup de filet d'hier est directement lié à l'arrestation à Mont-de-Marsan, jeudi dernier, de «Susper», qui avait en charge l'approvisionnement du groupe en jeunes recrues. Car la documentation laissée derrière lui par Susper n’arrête pas de « parler ». C’est d’ailleurs à se demander comment il se fait que les « planques » n’aient pas été abandonnées après cette découverte.

Car on pense en Espagne qu’en fait la documentation de Susper a bon dos. En fait la police basque a retourné des militants et inflitré des taupes qui livrent leur lot de renseignements neufs. À charge pour les policiers français de camoufler ces succès avec de vieilles explications.

ETA aura va avoir du mal à surmonter ces vagues d’arrestation. Car à Lons, les policiers ont interpellé le chef présumé des «militaires», Gorka Palacios Alday, 29 ans, mais aussi deux de ses proches collaborateurs, Inigo Vallejo Franco, 26 ans et Jon Rubenach Roy, 40 ans, tout prêts à remplacer Susper.

Gorka Palacios vivait dans la clandestinité depuis 1997, Inigo Vallejo depuis 2000. Faisant presque figure d'ancien, Jon Rubenach était entré, lui, dans l'action violente dès 1994. Il entraînait des nouvelles recrues.

Selon des enquêteurs, Jon formait les commandos, donnait des cours à leurs membres et conseillait son chef militaire, Gorka, dans la formation des équipes.

Lors de la perquisition réalisée hier, les policiers ont retrouvé des pistolets automatiques, armes individuelles des etarras interpellés, un ordinateur, des faux papiers et des documents de l'organisation. Deux véhicules volés ont également été touvés.

Dès hier, les ministres de l'Intérieur espagnol et français ont félicité les policiers pour cette opération.

L’article du Parisien


Coup de filet historique contre l'ETA


Son pedigree en a fait l'un des terroristes les plus recherchés au monde. Gorka Palacios Alday est un membre présumé du commando Andalousie de l'organisation séparatiste basque ETA, soupçonné d'être impliqué dans plusieurs attentats en Espagne dont l'assassinat de José Maria Martin Carpena, un conseiller municipal de Malaga abattu le 15 juillet 2000. Cet homme de 29 ans a été interpellé hier matin en compagnie de trois autres etarras à Lons (Pyrénées-Atlantiques), dans la banlieue de Pau, par les policiers de la division nationale antiterroriste (DNAT) qui agissaient sur commission rogatoire de la juge Laurence Le Vert.

« Un comportement froid et silencieux »

« Les quatre hommes qui ont été arrêtés représentent les plus hauts responsables de l'organisation terroriste », s'est félicité le ministre espagnol de l'Intérieur, Angel Acebes. Quelques minutes auparavant, son homologue français Nicolas Sarkozy avait qualifié de « très belle prise » cette opération lors de laquelle deux autres figures de l'ETA ont également été arrêtées. Inigo Vallejo Franco, 26 ans, numéro deux de l'appareil militaire de l'organisation basque devant purger une peine de dix-sept ans de prison pour un attentat commis contre un bus, et Juan Luis Rubenach, considéré comme le responsable de la formation des nouveaux membres de l'ETA. Le quatrième activiste serait « de moindre importance ». « Il faut rester prudent. Cette organisation a subi de nombreux coups dans le passé et a malheureusement toujours réussi à reconstituer ses structures et son commandement », tempérait hier soir Jacques Poinas, sous-directeur des affaires criminelles de la direction centrale de la police judiciaire (DCPJ), lors d'une conférence de presse. Les polices française et espagnole étaient à la recherche de Gorka Palacios depuis 1997, début de sa fuite. Les enquêteurs spécialisés dans les affaires basques ont retrouvé sa trace dans une grande villa bourgeoise située dans le centre de Lons. Venant d'Espagne, le groupe s'y était installé en novembre 2002 et a pu faciliter l'hébergement de certains etarras en France. Selon leurs voisins en tout cas, le groupe était extrêmement discret et évitait tout contact avec la population locale. Lors des perquisitions menées toute la journée, les policiers ont découvert quatre pistolets automatiques, un pistolet-mitrailleur, environ 20 000 € et de nombreux documents écrits en espagnol qui sont en cours de traduction. Placés en garde à vue, Gorka Palacios et ses trois complices « ont le comportement habituel : froid et silencieux ». La justice espagnole entend demander « immédiatement » l'extradition du suspect numéro un. Cette opération intervient moins d'une semaine après l'interpellation à Mont-de-Marsan du chef présumé de l'ETA Ibon Fernandez Iradi, dit Susper, qui s'était évadé du commissariat de Bayonne en décembre 2002. Un homme et une femme de nationalité française, qui louaient l'appartement où logeait Susper, avaient été arrêtés dans le même temps. Les policiers se sont aperçus que cette dernière apparaissait également derrière d'autres locations dont la maison de Lons dans laquelle les quatre etarras ont été cueillis hier matin à 6 h 30. Quarante-six activistes ont été arrêtés en France et cent vingt-sept en Espagne depuis le début de l'année 2003.
(Julien Dumond, Le Parisien , mercredi 10 décembre 2003)

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