Le Poulpe en défense du milieu marin corse
Nov 27, 2003
Chaque année, les responsables de l'association « Le poulpe » dont l'objectif essentiel est de défendre le milieu marin, organisent une manifestation thématique toujours très prisée. Un article de Corse-Matin

Il faut dire que Gilles Zerlini, la cheville ouvrière de cette structure associative bastiaise, ne ménage ni son temps ni ses efforts pour que chacune des actions menées et des interventions proposées soit digne d'intérêt.

Tout au long de la journée d'hier, c'est la protection des Bouches de Bonifacio qui a été au centre des discussions.

Danger permanent

Deux invités, en l'occurrence Jean-Michel Culioli et Guy-François Frisoni, membres de la réserve naturelle des Bouches de Bonifacio, s'étaient déplacés pour rencontrer le public de Haute-Corse et le sensibiliser à la défense de cette aire magnifique qui, aujourd'hui, est en danger permanent.

« La réserve naturelle des Bouches de Bonifaziu est la partie française du parc marin international constitué entre la Corse et la Sardaigne, explique Gilles Zerlini. Elle fait face au parc national de l'archipel de la Maddalena. Créée à l'initiative du ministère de l'environnement et de la collectivité territoriale de Corse, elle vise à préserver et à valoriser le patrimoine littoral et marin de ce détroit de l'extrême sud de la Corse ».

« Le problème est que, chaque année, 3800 navires transportant des matières dangereuses empruntent ce détroit. Les risques sont donc multiples et l'on peut craindre à tout moment une marée noire qui causerait d'importants dégâts sur les côtes corses et sardes».

Ne maniant pas la langue de bois, Gilles Zerlini fustige la décision de l'Organisation Maritime Internationale qui, suite à une demande pressante des gouvernements français et italiens, n'a pas jugé opportun d'interdire le passage des pétroliers dans ces Bouches.

« Des semi-remorques dans un jardin botanique »

« L'OMl a tout simplement décidé d'un encadrement du trafic, ce qui est minime par rapport au danger existant, souligne Gilles Zerlini. Actuellement, la sécurisation du détroit réside en effet dans la seule obligation pour les navires d'emprunter un rail maritime spécifique et de rester en contact radio avec le sémaphore de Pertusato pendant la traversée des Bouches ».

« Avec bon nombre d'amoureux de la nature mais également d'élus insulaires et italiens, nous souhaitons vivement que l'interdiction de tous ces pétroliers devienne effective dans les plus brefs délais. Nous nous battrons pour cela. Le récent accident du sous-marin américain est d'ailleurs là pour démontrer que notre crainte n'est pas feinte.

Et Gilles Zerlini d'employer cette métaphore pour donner plus d'impact son propos : « le passage des pétroliers dans les Bouches me fait penser au passage d'une kyrielle de semi-remorques dans un jardin botanique ».
(Jean-Baptiste CROCE)

http//www.polpu.org.

Les 8 tentacules du Poulpe ou le programme de cette organisation tentaculaire


« Découpée à l'échelle humaine, privilégiée entre toutes les mers par la douceur de son climat, dotée par la nature d'une surprenante beauté, la Méditerranée a vu, dès l'origine des temps, s'harmoniser sur ses rivages l'air, la terre, l'eau et le soleil pour le bien-être matériel et l'épanouissement intellectuel et spirituel de l'homme de la Méditerranée.
Sur ses rivages est née une conscience humaine, créatrice de riches civilisations qui s'y sont développées, affrontées et succédées, pour aboutir à la synthèse d'un type culturel d'homme et d'un art de vivre entre tous reconnaissable".
Charte de Beyrouth.


1 - Éduquer les enfants et les adultes à respecter la mer.
Par l’organisation de conférences et d’intervention en milieu scolaire.
Par la découverte du milieu marin en apnée ou en scaphandre, avec la collaboration des clubs de plongée et l'encadrement directement issu de l'association, qui possède plusieurs moniteurs.

2 - Organiser des conférences, des débats, des expositions sur le thème de la Méditerranée tant au niveau océanographique qu’historique.
Chaque fois que nous le pourrons nos manifestations mettront en exergue la civilisation Méditerranéenne, nous tenterons de rétablir le lien entre les Corses et la mer.

3 - Participer à la transmission des connaissances par la vulgarisation
scientifique.

Par l'intermédiaire de scientifiques ou d'étudiants issus de la faculté de Corti.

4 - Être présents sur toutes les manifestations ayant un rapport avec la mer.
Le lien avec la population est pour nous fondamental, nous serons présents autant que faire se peut dans toutes les "foires maritimes".
Nous prendrons des positions et des engagements citoyens sur l'aménagement du littoral, la gestion des déchets, les dégazages ou tout problème concernant l'environnement insulaire.

5 - Regrouper des informations sur le poulpe et créer une banque de données.
Le poulpe comme symbole, mais aussi comme sujet d'étude, animal très banal mais peu étudié, tenter de centraliser les informations et déboucher sur la création d'outils pédagogiques et d'une banque de données.

6 - Créer un réseau entre les scientifiques et les artistes méditerranéens travaillant sur le poulpe : Naples, Marseille, Banyuls, Maroc, Corti.

7 - Créer une zone d’observation afin d'étudier le poulpe dans des conditions de vie optimales.
Avec le département marin de la faculté de Corti et les collectivités locales mettre en place une zone d’observation ou la plongée serait réglementée pour créer un observatoire marin.
Nous tendrons aussi de faire respecter la législation sur la chasse sous-marine et de nous battre pour une législation plus draconienne s'alignant sur la chasse terrestre (périodes de chasses, espèces protégées).

8 - Battre en brèche toutes les idées reçues sur le poulpe.
Faire que le poulpe supplante la "pieuvre", symbole négatif.
Utiliser le poulpe comme un support pédagogique et ludique et faire qu'a travers sa symbolique positive les gens respectent la Méditerranée...

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