Les États-Unis font semblant de réduire leur aide financière à Israël
Nov 27, 2003
Les États-Unis ont annoncé, mardi 25 novembre, qu'ils allaient déduire cette année de 289,5 millions de dollars les garanties bancaires à Israël à cause de ses activités de colonisation dans des régions palestiniennes et pour la construction de la barrière de sécurité


Néanmoins Israël n’a pas à se plaindre des aides américaines qui montrent à quel point le concept d’indépendance nationale est fallacieux dans le monde moderne.

En plus des garanties bancaires, Israël a obtenu en 2003 une aide exceptionnelle d'un milliard de dollars des États-Unis à la suite de la guerre en Irak, en sus de l'assistance annuelle américaine de près de 3 milliards de dollars, dont 2,1 milliards au titre de l'aide militaire.

Les États-Unis ont annoncé, mardi 25 novembre, qu'ils allaient déduire cette année de 289,5 millions de dollars les garanties bancaires à Israël, a confirmé, mardi, l'ambassade d'Israël à Washington.
L'administration Bush veut ainsi envoyer un signe fort à l'Etat hébreu pour ce qui concerne ses activités de colonisation dans des régions palestiniennes et pour la construction de la barrière de sécurité. Une sorte de super-amende.

L'ambassade a indiqué dans un bref communiqué que ce montant avant été "suggéré" par Israël. L'Etat hébreu "accepte le fait que les États-Unis ne voient pas certaines activités dans certaines parties de la Judée, de la Samarie [appellation israélienne de la Cisjordanie] et de Gaza comme compatibles avec la politique américaine", indique ce communiqué, en allusion aux colonies de peuplement. En d’autres termes, Israël s’est livré à un savant calcul et estime que son action « vaut encore le coup ». En deux mots, l’état hébreu démontre que tout cela n’est qu’un subterfuge puisqu’il y a eu arrangement sur la somme finale. Cette somme correspondrait en effet au montant évalué par Washington de la construction dans les colonies juives, à laquelle les États-Unis sont opposés.

Elle inclut aussi le prix de la construction des segments de la "ligne de sécurité", qui s'enfoncent profondément en Cisjordanie malgré l'opposition des États-Unis et de l'ensemble de la communauté internationale au tracé de cet ouvrage qualifié de "mur de l'apartheid" par les Palestiniens.

Ces 289,5 millions sont donc déduits des 3 milliards de dollars de garanties que les États-Unis se sont engagés à accorder à Israël pour lui permettre d'emprunter. "Israël comprend que les États-Unis ne financent pas, directement ou indirectement, des activités avec lesquelles ils ne sont pas d'accord", ajoute l'ambassade.

Un diplomate israélien a indiqué que cette décision avait été prise mardi lors d'une rencontre à Washington entre la conseillère du président George W. Bush pour la sécurité nationale, Condoleezza Rice, et le chef de cabinet du premier ministre israélien Ariel Sharon, Dov Weisglass.

En plus des garanties bancaires, Israël a obtenu en 2003 une aide exceptionnelle d'un milliard de dollars des États-Unis à la suite de la guerre en Irak, en sus de l'assistance annuelle américaine de près de 3 milliards de dollars, dont 2,1 milliards au titre de l'aide militaire. C’est dire que le prélèvement des 289,5 millions de dollars sera indolore.

D’ailleurs la ministre israélienne de l'intégration des nouveaux immigrants a confirmé cette complicité. "Ces mesures font partie de nos ententes tacites, et cela ne doit pas nous inquiéter", a affirmé Mme Tzipi Livni à la radio publique israélienne. "L'important pour nous, c'est que la clôture de sécurité [qu'Israël construit en Cisjordanie] englobe un maximum de nos ressortissants" colons, a-t-elle ajouté.

Or de l’avis de tous les observateurs, l’implantation des colonies est une faute politique, psychologique mais aussi financière. La protection de chaque colon a un coût exorbitant. Sur le plan politique, c’est à coup sûr cette implantation systématique de colonies contraires aux accords qui donne à Israël une image déplorable à l’extérieur.

Les colonies jouent donc contre Israël et favorisent la montée de l’antisémitisme. Elles ne répondent qu’au fanatisme d’une infime minorité d’Israéliens et aux préoccupations bassement électoralistes d’un Sharon en difficulté judiciaire et politique. Ce dernier a tout de même dû concéder la promesse de gestes « unilatéraux » en cas d’échec des négociations avec les Palestiniens, ce qui a aussitôt provoqué la colère des colons qui ont durci le ton.

Les États-Unis en adoptant cette attitude trompeuse montrent à quel point ils dominent mal la situation proche-orientale et combien il leur est difficile de faire respecter leurs intérêts qui exigent la fin de l’implantation des colonies.


Les colons israéliens proposent leur "plan de paix" qui est un plan de guerre


Si on les écoutait, l'Etat d'Israël engloberait les territoires de Cisjordanie et Gaza occupés depuis juin 1967 entraînant Israël dans la pire guerre qui soit.

Les « gestes unilatéraux » annoncés par Sharon sous la pression américaine ont mis en fureur la droite et l'extrême droite israéliennes. Les colons ont proposé à leur tour un "plan de paix".

Les colons ont derrière eux 14 députés de la majorité et entendent tout faire pour mettre à mal le lancement officiel, prévu pour le 1er décembre, de l'"initiative de Genève".

Cette proposition de règlement du conflit a été élaborée par des personnalités de l'opposition israélienne, dont l'ex-ministre travailliste Yossi Beilin, et d'anciens responsables palestiniens, tel l'ex-ministre Yasser Abed Rabbo.

L"initiative de Genève" aborde notamment le statut de Jérusalem, qui serait divisée, le renoncement du droit au retour des réfugiés par les Palestiniens, les frontières du futur Etat palestinien et bien entendu le sort des colonies.

Cette initiative est combattue par Ariel Sharon qui a donc proposé des "gestes unilatéraux" afin de réduire les attaques anti-israéliennes et d'alléger la pression sur la population palestinienne.

C’est parce que l’ultra-droite a pensé que ces gestes pouvaient être le démantèlement de colonies que les colons ont contreattaqué. Leurs propositions sont "l'éradication du terrorisme, l'abandon du principe de la paix en échange des territoires, une autonomie administrative pour les Arabes, et un accord final régional excluant la création d'un Etat palestinien ou le démantèlement de colonies", si on en croit leur chef colon Ben Tzvi Lieberman.

L'Etat d'Israël engloberait les territoires de Cisjordanie et Gaza occupés depuis juin 1967, le tout étant divisé en dix cantons séparés, dont deux attribués aux Palestiniens, de manière à assurer une majorité juive au Parlement. Le premier ministre serait juif, tandis qu'un Arabe pourrait devenir vice-premier ministre.

Israël est engagé par la "feuille de route". Or ce plan de paix international, qui est resté lettre morte, prévoit l'arrêt des violences de l'Intifada, le gel de la colonisation juive dans les territoires occupés et la création progressive d'un Etat palestinien d'ici à 2005.

La mauvaise volonté d’Ariel Sharon associée au sabotage pur et simple ordonné par Yasser Arafat, a tué dans l’œuf cette initiative sur laquelle les Américains comptaient beaucoup.

Aujourd'hui il apparaît clairement que tous les intégrismes religieux de quelque origine qu’ils soient, islamique ou hébraïque voire chrétien aux États-Unis, sont des fauteurs de guerre.

Israël ne peut et ne doit pas céder sur tout ce qui concerne sa sécurité. À l’inverse, il lui faudra un jour ou l’autre renoncer à ces absurdes colonies pour lesquelles de moins en moins de jeunes Israéliens ont envie de mourir.

Quant à l’idéologie des colons, si elle n’était teintée de messianisme, elle serait taxée, à l’instar de celle du défunt rabbin Kahane, de raciste dans le pire sens du terme.

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