La restauration de la souveraineté irakienne devra s'effectuer avant juillet 2004
Nov 22, 2003
Le Conseil de gouvernement irakien et l'Autorité provisoire de la Coalition (APC) se sont entendus, le 15 novembre, sur une série de mesures qui devrait aboutir, le 30 juin 2004 au plus tard, à la formation d'un gouvernement de transition en Irak.

Signé par l'administrateur de l'APC, M. Paul Bremer, et par M. Jalal Talabani au nom du Conseil de gouvernement, cet "accord sur le processus politique" fixe le calendrier des diverses étapes prévues, notamment la rédaction d'une "loi fondamentale" pour le pays, le règlement des questions de sécurité et la création d'une Assemblée nationale de transition.

Aux termes de l'accord, la "loi fondamentale", établissant la portée et la structure du gouvernement de transition, devra être élaborée par le Conseil de gouvernement irakien le 28 février 2004 au plus tard, en consultation étroite avec l'APC.

Le règlement en matière de sécurité, qui devra être conclu avant avril 2004 entre l'APC et le Conseil de gouvernement, déterminera le rôle des forces de l'APC en Irak. Celles-ci devront notamment jouir d'une grande latitude en vue d'assurer la sécurité du peuple irakien.

Selon l'accord, l'Assemblée nationale de transition sera élue au plus tard le 31 mai 2004, date à laquelle le Conseil de gouvernement sera dissous. Il est prévu en outre que l'APC sera dissoute le 30 juin 2004, lorsque l'Assemblée sera à même d'assumer "la pleine souveraineté pour gouverner l'Irak".

L'accord prévoit aussi que les délégués à une convention constituante seront élus par le peuple irakien le 15 mars 2005 au plus tard. La période de transition prendra fin le 31 décembre 2005 au plus tard, après un référendum populaire sur la ratification de la nouvelle Constitution et les élections nécessaires à la formation d'un nouveau gouvernement.

18 November 2003

Les E.-U. ne quitteront pas l'Irak lorsque le gouvernement provisoire sera constitué

Le président Bush a affirmé, le 17 novembre, que les États-Unis ne se retireraient pas de l'Irak lorsqu'un gouvernement provisoire y serait installé.

Il a fait cette promesse lors d'un entretien qu'il a eu à la Maison-Blanche avec cinq Irakiennes influentes qui lui ont raconté les souffrances qu'elles avaient dû endurer sous la férule de Saddam Hussein.

"J'ai assuré à ces cinq femmes qu'il n'était pas question que les États-Unis partent. Et si je le dis, c'est que nous restons."

Aux termes d'un accord, annoncé le 15 novembre, entre le Conseil de gouvernement irakien et l'administrateur américain de l'Autorité provisoire de la Coalition, M. Paul Bremer, un gouvernement provisoire irakien devrait être constitué d'ici le mois de juin. Il devrait être nommé par une assemblée de transition d'ici à la fin du mois de mai. Une constitution devrait être rédigée d'ici à la fin 2005.

De son entretien avec les Irakiennes, M. Bush a déclaré que c'était "la réunion la plus extraordinaire" à laquelle il avait jamais participé en tant que président.

Ce groupe était constitué de deux membres du Conseil de gouvernement irakien, de deux membres du conseil consultatif de la ville de Bagdad, et d'une représentante d'une organisation non gouvernementale à pied d'œuvre dans la région kurde de l'Irak.

"Je suis assis ici en compagnie de cinq courageuses Irakiennes qui ont foi en leur peuple et en l'avenir de l'Irak, qui chérissent leurs libertés, et qui ont hâte de voir leur pays libre et pacifique."

"Si les récits de ces cinq femmes constituent une tragédie humaine, ils sont également porteurs d'espoir. Et leur présence m'honore."

L'une des femmes du groupe, Mme Raja Habib Khuzai, a dit aux journalistes : "Nous venons toutes de différents groupes ethniques et religieux, mais nous sommes des Irakiennes. Et l'Irak est une nation unie. Nous avons hâte de connaître un Irak nouveau, démocratique, dans lequel chacun pourra vivre en paix. Nous ne voulons plus de guerres, nous avons assez souffert."

Songul Chapouk, l'autre représentante du Conseil de gouvernement irakien, a expliqué qu'elle était turkmène, et a ajouté : "C'est pour moi un plaisir que d'être en Amérique. Je travaille pour mon peuple (...) Nous aimons tous l'Irak. Nous aimons tous l'Amérique, et nous ne voulons pas qu'elle nous abandonne."

"Nous avons besoin d'eux (les Américains), parce que nous avons des frontières ouvertes et que nous n'avons ni armée ni force policière entraînée (...) Nous leur demandons de ne pas nous abandonner maintenant, (...) parce que nous nous trouvons actuellement dans des conditions très difficiles. Comme nous, nos enfants veulent que vous restiez, et tous les Irakiens aiment vos troupes."

M. Bush a quant à lui affirmé que les terroristes cherchaient à chasser les forces américaines hors de l'Irak avant que ces femmes et les autres personnalités dirigeantes ne réussissent à y constituer un gouvernement et à y instaurer la paix.

"Nous réussirons et nous œuvrerons avec tous les Irakiens afin de traduire les terroristes en justice. Nous avons parlé du prix fort que paient les citoyens irakiens. Il y a de nombreux soldats et policiers irakiens courageux qui pourchassent les terroristes, et ils en paient le prix."

"La raison pour laquelle j'évoque cela est que les Irakiens veulent être libres. Nous allons continuer de les aider à créer une société libre."

Par ailleurs, le secrétaire de presse de la Maison-Blanche, M. Scott McClellan, a déclaré aux journalistes que l'accord annoncé par le Conseil de gouvernement irakien le week-end dernier ouvrait la voie à un processus de transfert de la souveraineté irakienne aux Irakiens d'ici à la fin mai.

"C'est un grand pas de fait vers l'établissement d'un avenir de liberté, de paix et de prospérité pour les Irakiens. Ils ont déjà bien avancé vers cet objectif important", a déclaré M. McClellan.

Il a souligné que le Conseil de gouvernement irakien avait exprimé le souhait que les forces de la coalition restent en Irak en qualité "d'invités", même après la mise en place d'un gouvernement intérimaire.

Le peuple irakien a exprimé le même désir de diverses façons, a-t-il précisé, notamment par le truchement de sondages d'opinion et de déclarations de leurs représentants du Conseil de gouvernement. "Ils veulent que nous restions jusqu'à ce que la tâche soit accomplie, et notamment jusqu'à ce que la sécurité règne dans le pays."

"Nous avons encore d'importantes obligations à remplir sur les plans de la sécurité et de la reconstruction. D'énormes ressources de la communauté internationale affluent en Irak. Et nous avons tous des enjeux dans le succès d'un Irak pacifique et libre."

"C'est important du point de vue de la transformation du Moyen-Orient. Cette région est instable et est une véritable pépinière pour le terrorisme. Or l'établissement d'un Irak libre, pacifique et démocratique en Irak, au coeur du Moyen-Orient, contribuera à la transformation de cette région et à l'avènement d'un monde meilleur et plus sûr."

M. McClellan a conclu en disant que cet entretien avec les Irakiennes avait été pour M. Bush une occasion de réaffirmer l'engagement des États-Unis envers l'instauration d'un Irak libre, pacifique et prospère pour les Irakiens.

"Cela a également été pour lui l'occasion d'exprimer son soutien de longue date à l'entière participation des Irakiennes à la transition politique, aux efforts de reconstruction et à l'avenir de l'Irak."

Irak : les troupes américaines ont mis en œuvre près de 12.000 projets locaux

Les officiers supérieurs de l'armée des États-Unis ont mis en œuvre près de 12.000 projets de développement d'un coût de plus de 88 millions de dollars dans le cadre du "Commanders' Emergency Response Program" (CERP, Programme de mesures d'urgence des commandants), qui a été établi grâce à la saisie des avoirs de Saddam Hussein.

Lors d'une récente interview accordée au "Washington File", le capitaine David Romley a expliqué que durant l'invasion, en mai dernier, lorsque les forces de la coalition avaient capturé les palais présidentiels, elles avaient découvert des montagnes d'argent.

"Lorsque nous avons saisi ces fonds, la première réaction des Marines a été de refaire circuler cet argent dans l'économie. Il était facile de voir les besoins et les ressources, et nous avons sauté sur l'occasion d'utiliser ces fonds à bon escient." Le capitaine Romley a servi au Koweït et en Irak de novembre 2002 à août 2003.

Il a précisé que le CERP avait pris forme en mai dernier, lorsque les commandants responsables des villes et des villages avaient reçu chacun 5.000 dollars à consacrer, à leur discrétion, à des projets visant à aider les collectivités à rétablir l'ordre.

Il a cependant précisé que ce programme avait considérablement évolué depuis. Son succès initial a abouti à l'élargissement de son champ d'action.

À l'heure actuelle, les commandants de division reçoivent chacun 500.000 dollars, et les commandants de brigade 200.000 dollars. Ces fonds sont ensuite distribués à des officiers d'échelon inférieur selon les procédures militaires en vigueur afin d'exercer le suivi et la surveillance appropriés. Dans tous les cas, des propositions et des évaluations de projets sont requises.

Cependant, l'élément dynamique du programme demeure le soldat sur le terrain. Et le capitaine Romley d'expliquer : "Tout soldat en patrouille qui repère une pompe à eau en panne peut aller trouver son supérieur et lui suggérer de faire réparer cette pompe."

De telles requêtes sont accordées immédiatement si elles impliquent des sommes modestes d'argent. Des projets plus importants nécessitent une autorisation à plus haut niveau, ainsi que des appels d'offres.

Il y a possibilité d'approuver des projets jusqu'à 100.000 dollars au niveau des divisions, mais la majorité des demandes ont trait à des projets d'un coût inférieur à 10.000 dollars.

Les responsables du ministère de la défense soulignent que ces fonds ont été utilisés pour des projets dans divers domaines, dont l'infrastructure, les services publics, les établissements scolaires, les soins médicaux, l'assainissement et les affaires culturelles.

Les fonds du CERP ont également beaucoup servi à réparer des réseaux d'égouts, des conduites d'eau et des stations de pompage au fur et à mesure que les forces de la coalition cherchent à alimenter les villes et villages irakiens en eau potable et à assurer le ramassage des ordures ménagères.

Les services publics ont également été améliorés grâce à ces fonds, notamment par l'achat d'ambulances, de radios et de véhicules pour la police, et d'équipement de protection pour les pompiers dans diverses collectivités. Les fonds du CERP ont également servi à remettre en état les installations publiques, les bureaux de l'administration et les postes de police.

Les nombreuses rénovations qui ont été effectuées cet été dans les écoles ont également bénéficié des fonds du CERP. Les responsables militaires y ont également eu recours pour moderniser les orphelinats, ouvrir des garderies d'enfants et créer des centres d'éducation pour les adultes afin d'augmenter le niveau d'alphabétisation et des connaissances mathématiques essentielles.

Une grande partie de cet argent a également servi à nettoyer les villes et à améliorer la qualité de vie. On a par exemple reconstruit des jardins publics et des terrains de jeu, réparé les camions des éboueurs et entrepris le nettoyage de canaux et de rues.

Selon le capitaine Romley, un projet revêt une importance particulière : la remise en état du Musée de Babylone, sérieusement mis à mal durant le pillage et le vandalisme qui ont suivi l'invasion. Les fonds du CERP ont notamment permis de rénover les ateliers du musée et les bureaux du conservateur.

Ces fonds ont en outre servi, et cela sort un peu de l'ordinaire, à acheter des équipements vétérinaires pour le zoo de Bagdad. Le vétérinaire en chef du zoo, M. Adel Salman, se réjouit de l'acquisition de ce nouveau matériel, disant : "Avant l'intervention de l'armée américaine, le zoo était très pauvre en équipement. Il n'y avait pas de bloc opératoire et peu de possibilités de traitement, parce que l'on n'avait ni anesthésique ni instruments."

Récemment, un commandant a organisé une fête pour l'iftar dans chacune des mosquées de la collectivité.

Dans tous les cas, les contrats ont été passés avec des entrepreneurs locaux afin de stimuler l'économie et de fournir du travail aux Irakiens.

Du fait du succès du CERP, la récente demande d'attribution budgétaire supplémentaire du gouvernement Bush comprend notamment 180 millions de dollars au titre de la prorogation de ce programme. Une partie des fonds supplémentaires sera également mise à la disposition des commandants qui sont à pied d'œuvre en Afghanistan.

"C'est un outil incroyablement utile", a affirmé le capitaine Romley. "Il est important que les commandants aient accès à ces fonds, car ils ont un impact immédiat."

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