Les trêves passent et les attentats demeurent. Deux jours après annonce d'une trêve par le principal mouvement clandestin, un lotissement en construction à Tizzano, commune de Sartène, trouvait de nouveaux plastiqueurs
Un commando a opéré, samedi, dans ce secteur très isolé et désert en cette période. Huit charges explosives, placées dans des villas en construction ou en cours d'achèvement, ont fait sortir hors de chez eux les habitants de cette paisible station balnéaire, entre 20 h 30 et 20h45.
L'attentat, qui a causé de gros dégâts, visait le lotissement de vacances « Mare e Macchia «, appartenant à un entrepreneur sartenais de bâtiment et de travaux publics, Francis Lopez. Installé depuis plus de trente ans en Corse avec son épouse, il est très apprécié à Sartène où l'on ne comprend pas l'acharnement dont il est victime.
«Trigano fora »
Une autre structure toute proche, a été aussi la cible des plastiqueurs : il s'agit du bâtiment d'accueil d'un camping qui a été acquis récemment par une société nationale, prenant la suite des anciens propriétaires (AREPOS) « en faillite ». Une charge - la neuvième - a été placée dans ce bâtiment où l'inscription « Trigano fora » a été relevée.
Mais c'était bien les résidences de tourisme en construction qui intéressaient principalement les plastiqueurs : huit charges y ont été disposées pour tout raser, dans une rage destructrice incompréhensible.
Le complexe, situé en flanc de colline à plus de 150 mètres de la mer, comprenait deux barres de six villas mitoyennes.
Édifié en plusieurs phases, ce lotissement faisait l'objet d'une procédure administrative (depuis le début de l'année) qui a entraîné l'annulation du permis de construire des quatre dernières villas, mais aussi l'annulation du « zonage du POS » de Sartène dans ce secteur qui avait au départ vocation à être urbanisée. Il est à noter que cet aménagement immobilier avait fait l'objet de l'obtention d'un permis de construire en bonne et due forme et que la plainte d'un tiers avait provoqué une décision judiciaire de suspension des travaux. Actuellement, une procédure administrative était en cours pour permettre l'achèvement des constructions, réalisées à plus de 70 %.
Une inscription « Ghjuvan-Battista Acquaviva »
Malheureusement, il était difficile hier de faire la différence entre les gravats de chantier et les débris de l'attentat. Sur la première façade du bâtiment, on pouvait lire « Danger, miné ». Une autre inscription à connotation politique a été relevée : « Ghjuvan-BattiSta Acquaviva », faisant référence au militant nationaliste tué le 15 novembre 1987, à 20h 15, aux abords de la ferme « U Querciolu » à Sorbo Occagnano, en Plaine orientale, et dont c'était, jour pour jour, le seizième anniversaire de la mort.
Les enquêteurs, au nombre d'une vingtaine sur les lieux, étaient particulièrement discrets et minutieux sur cette affaire. lis ont mené leurs investigations après avoir préalablement « bouclé les lieux », sur un périmètre de sécurité d'environ 500 mètres. L'obscurité n'ayant pas permis, samedi soir, aux gendarmes de vérifier si d'autres charges avaient fait long feu, ce n'est qu'hier que les démineurs ont inspecté les lieux. C'est la section antiterroriste du parquet de Paris qui a été saisie de l'enquête.
«Tentatives d'extorsions de fonds »
Cet attentat survient donc 48 heures après l'annonce d'une trêve des actions militaires par le FLNC-Union des combattants et quelques heures après l'appel de Corsica Nazione et d’Indipendenza vers les autres mouvements clandestins pour l'union des nationalistes.
De son côté, l'avocat de la famille Lopez, Me Jean-Paul Pastorel, était hier indigné : « Cet attentat est criminel, a-t-il indiqué. « Je pense qu'on a tenté de dissimuler une opération de droite, commun par un camouflage pseudo politique ou idéologique.
Et d'ajouter « Le contexte de cette affaire est suffisamment embrouillé pour justifier une action de ce type. D'autant plus que la famille Lopez a fait l'objet de tentatives d'extorsions de fonds. »
Francis Lopez et son avocat ont demandé audience auprès du sous-préfet de Sartène qui les recevra, ce matin, à la sous-préfecture.
(Paule CASANOVA)
Notre commentaire : la déclaration de Jean-Paul Pastorel est ambigue. Depuis longtemps des équipes de voyous aux couleurs nationalistes rackettent dans la région de Sartène. L’équipe en question est responsable de bien des attentats qui se sont produits dans cette micro région. Elle s’est mise en relation il y a peu avec le FLNC3.
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