Bas les pattes devant nos amis de Cryptome
Nov 13, 2003
Début novembre nos amis du site Cryptome étaient visités par des agents du FBI sous le prétexte de diffusion d’informations touchant à la sécurité intérieure des Etats-Unis. Les agents du service de contre terrorisme du FBI, Todd Renner et Christopher Kelly (FBI Counterterrorism Office à New York, 26 Federal Plaza, telephone (212) 384-1000).

Il voulait obtenir le nom de certains informateurs de Cryptome.

Le 22 mai 2003, Cryptome relatait qu’un New-yorkais était poursuivi en justice pour possession et fabrication de drogue après qu’il fait affimé avoir essayé pd'acheter de grandes quantités d'explosifs à un agent du FBI.

Sayed Abdul Malike avait été contacté par Todd Renner, un agent spécial du FBI appartenant au groupe de travail anti-terroriste de New York qui voulait lui vendre du C-4 "pour faire sauter une montagne."

Les membres de groupe de travail de travail avaient arrêté Malike mardi.

Les deux agents voulaient savoir comment Cryptome avait appris cette affaire.

L’agent Renner insistait sur le fait qu’il n’était pas là pour brider l’information mais pour s’assurer que Cryptome ne possdédait pas d’informations qui entre des mains terroristes pouvaient servir contre la nation.

L’agent Renner insistait sur le fait que leur démarche était devenue courrante et qu’il écrirait un rapport sur cette visite.

Cryptome rétorquait en affirmant que lui-aussi publierait le compte-rendu de cette visite. Les agents avaient affirmé que la publication de leurs identités pouvaient être un danger pour eux et leurs familles. Cryptome avait répondu que ces informations avaient pour seul but de rendre crédible l’information sur la manière dont le FBI fonctionne. a indiqué qu'il éditera un rapport de la visite, y compris appeler les agents. Les inquiétudes exprimées les deux par agents concernant leurs noms étant édités pour cette force mènent à une menace contre eux et/ou leurs familles -- on indiquant qu'en raison des bases de données personnelles copieuses n'importe quel nom peut être tracé.

Les ennuis de nos amis ne sont pas nouveau et le formidable site ZDNet France les avaient relatés le Jeudi 20 avril 2000 sous la signature de Jérôme Thorel.

Les espions de Sa Majesté veulent censurer un site américain

Cryptome, un site américain consacré à l'espionnage électronique, a publié un texte “top secret” sur l'activité des renseignements libyens au Royaume-Uni.

Verio, un hébergeur américain installé en Floride, a reçu récemment une requête émanant des services de renseignements britanniques lui demandant de supprimer des pages du site Cryptome, pour cause de violation de secrets d'État.

Cryptome est l'un des sites les mieux documentés sur les questions liés à l'espionnage et à la surveillance électronique. Il sert d'exutoire à de nombreux anciens agents ou à toute personne en possession de documents d'archives dignes d'intérêt.

« Top Secret Delicate Source »

Le 14 avril dernier, Cryptome met en ligne une retranscription d'un document de 14 pages estampillé « Top Secret Delicate Source » et émanant du « Secret Service », en fait le MI5, le service de contre-espionnage de Sa Majesté, équivalent de la DST. Le sujet du mémo concerne « l'activité des services de renseignements libyens au Royaume-Uni », daté du 1er décembre 1995. Or le 18 avril, Charles Hunt, du service juridique de Verio, informe Cryptome qu'une « requête officielle » du gouvernement britannique vient de lui parvenir. Motif : la publication de tels documents serait illégale. Et Verio est sommé de retirer les pages litigieuses.

Cryptome maintient son document

« Je dois dire que [M. Hunt] a été très compréhensif, voire même amical », assure à ZDNet France John Young, le citoyen de New York qui alimente Cryptome depuis 1996. « J'ai bien entendu refusé de répondre à cette requête, et le responsable de Verio n'a pas semblé étonné. Il m'a demandé de lui envoyer une lettre expliquant les raisons de mon refus. » Lettre que Young a aussitôt publiée sur son site...

Une publication qui n'a rien d'illégal, selon Cryptome

Young avance que la loi américaine n'interdit pas ce type de publication. « Cela ne contredit en rien les conditions de service de Verio », ajoute-t-il. Charles Hunt, qui n'a pas pu répondre à nos questions, n'a pas pu non plus préciser à John Young si la requête de Londres s'est faite « oralement ou par lettre ». Et Young demande pernicieusement au responsable de Verio de lui transmettre à son tour des détails de la requête, par qui et comment elle a été formulée. Young se fera un plaisir de publier la suite sur Cryptome, pour mieux comprendre « comment le renseignement britannique mène ses affaires aux États-Unis. » Beau feuilleton en perspective.

Plus près de nous en juin 2003, Cryptome.org ne répondait plus. Récit de Karine Portrait de ZDNet France, un site que nous adorons pour sa concision, son sérieux et ses options.

Depuis vendredi 18 juin, cryptome.org est indisponible. Le site le mieux informé sur les dossiers secrets de la CIA est attaqué. Qui a fait le coup ?

Mulder aurait sûrement parlé de complot. John Young préfère attendre de dénicher le coupable. Son site, cryptome.org, une mine de dossiers secrets et autres x-files, a succombé à une attaque en règle. Depuis vendredi dernier, le serveur est submergé de requêtes, connexions ou mails, et ne répond que par intermittence.

Juste avant la bataille, Young avait mis en ligne une série de documents sur la CIA (Central Intelligence Agency) et son équivalent japonais le PSIA (Japan's Public Security Investigation Agency). Bref, tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur les agents secrets. Ou presque. Côté américain, on y trouve, entre autres, la liste des équipes et le budget. Côté japonais, 400 noms d'agents avec en tête le directeur lui-même, Hidenao Toyoshima et, en prime, les dates d'anniversaire et les grades. Le tout gentiment titré : "La plus incompétente agence de services secrets du monde." Presque un titre de film. John Young a obtenu des informations d'Hironari Noda, un ancien employé des services secrets japonais, attaqué en justice, puis libéré sur caution. D'après lui, son arrestation était directement liée à la publication de deux bouquins critiquant le PSIA.

"Deux petits génies de l'informatique sur le coup"

Évidemment, le FBI n'a pas trop apprécié de retrouver sur le Web des documents secrets, et a demandé jeudi dernier leur retrait. "Pas question, a rétorqué John Young. J'ai tout à fait le droit de diffuser ce genre d'informations aux ...tats-Unis. Je cherche à informer le public du fonctionnement du gouvernement et de leur indiquer qui fait quoi." Et bizarrement, trois jours plus tard, cryptome.org ne répond plus. Pour cet architecte new-yorkais de 64 ans, pas question d'accuser sans preuve : "Deux petits génies de l'informatique sont sur le coup et ne devraient pas tarder à trouver le coupable", assure Young. L'histoire n'est pas encore terminée. Mardi, le serveur faisait encore défaut. En tapant l'url du site, neuf fois sur dix, une réponse s'affiche : "échec de la connexion". John Young confirme : "Nous essayons toujours d'arrêter l'attaque qui se poursuit sous la même forme : le serveur s'arrête puis repart, puis s'arrête à nouveau."

Et maintenant un peu de pub pour nos amis de Cryptome, l’œil de la conscience dans la tombe de l’imbécillité officielle.

Tout Cryptome (de Juin 96 à Avril 2003) est désormais disponible en CD –deux disques seulement, mais pleins à craquer tout de même- pour la modique somme de 100 dollars ou plus… histoire d’hériter du titre de généreux mécène. Cryptome n’est pas un site, c’est une institution, un colossal travail de bénédictin, un capharnaüm issu des débordements de l’Information Act, une base documentaires sur la vie des barbouzes, une collection de données dont l’importance est parfois aussi capitale que le contenu du Guiness des Records, un éternel sujet de discussion pour épater la galerie, l’étendard de la liberté de parole, la lecture favorite des militaires en retraite, le site de chevet des anti-mondialistes militants… Cryptome, c’est tout çà à la fois. Indiscutablement un document de travail de grande valeur pour les veilleurs technologiques et responsables sécurité, qui pourront y trouver des données passionnantes sur le réseau Echelon, l’écoute Tempest, le truandage d’interfaces biométriques, les dispositions du Homeland Security, les règlements et dispositions relative au cryptage et à l’exportation hors USA des algorithmes en question... cryptome est indispensable, moins cher qu’un jeu vidéo, et considérablement plus amusant.
Marc Olanié

Cryptome le site indispensable pour tous ceux qui ne veulent pas mourir idiots. Alors, devant cette agression de la police de Hoover, un seul cri : « Bas les pattes devant nos amis de Cryptome ».

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