Les conseils municipaux irakiens se mettent en place
Nov 12, 2003
Ben Barber, rédacteur de l'Agence des États-Unis pour le développement international (USAID),fait la promotion des conseils municipaux irakiens qui se mettent en place. À consommer avec modération et à mettre en relation avec les troubles qui éclatent de manière de plus en plus massive sur le territoire irakien

« Un homme en chemisette de sport exprime son opinion énergiquement à voix haute pendant qu'un religieux enturbanné, trois femmes et d'autres membres du conseil de l'arrondissement de Karkh écoutent.

Les quelque vingt membres du conseil explorent la démocratie pour la première fois : ils doivent décider s'il faut embaucher un administrateur et quel salaire lui octroyer. Ils doivent en outre s'assurer de faire une demande d'ordinateur au gouvernement de la ville.

L'un des membres du conseil, Shathat Hadi, qui, avant la chute du régime de Saddam Hussein travaillait dans une banque, a déclaré que l'aide des États-Unis avait permis aux nouveaux conseils de se former et de commencer à jouer un rôle dans la gestion des affaires de la ville.

"J'ai compris que les Américains étaient ici pour nous aider et nous tirer du gouffre. Saddam le criminel n'a rien fait pour nous. Les Américains nous ont donnés de la nourriture et des élections dans le quartier. Les gens m'ont choisie pour siéger à ce conseil."

Les troupes formées aux affaires civiles et l'USAID, en coopération avec l'Autorité provisoire de la coalition, ont organisé des réunions de citoyens dans 88 quartiers. Chacun a un conseil consultatif élu chargé de s'occuper de dossiers locaux, allant des égouts à la sécurité. Ces conseils de quartier élisent à leur tour neuf conseils d'arrondissement du type de celui de Karkh, lesquels envoient des représentants au conseil municipal de Bagdad.

Si, au début, le religieux et quelques autres hommes siégeant au conseil de Karkh ont fait objection à la présence de Mme Hadi, cette dernière a su les persuader de l'accepter, au point qu'ils l'ont ensuite choisie pour les représenter au conseil municipal.

"C'est la première fois que nous faisons cela. Les Américains nous ont laissés faire - c'est la vraie démocratie", a-t-elle ajouté.

La pièce où ils se réunissent faisait auparavant partie d'un hôpital de luxe réservé aux sbires de Saddam Hussein. Le bâtiment a été gravement endommagé par les pilleurs. L'USAID et les soldats des affaires civiles leur ont fourni des meubles, de l'électricité, de la peinture, des fenêtres et un service de sécurité. "Nous leur sommes reconnaissants de ce qu'ils ont fait", a déclaré Mme Hadi.

Lorsque deux membres du conseil ont commencé à élever le ton au point qu'ils semblaient prêts à en venir aux mains, elle a expliqué avec un sourire : "Ne vous inquiétez pas - c'est la tradition irakienne." Et de fait, les cris ont rapidement cédé la place à un débat constructif et la réunion s'est déroulée sans autres anicroches.

Il s'agit là de "conseils consultatifs" qui permettent aux Irakiens de dire ce que souhaite la population des divers quartiers de la ville. Cela va de la circulation à la sécurité en passant par la distribution d'eau et l'éducation.

"De nombreuses personnes m'accusent de travailler pour les Américains", a déclaré Mme Hadi. "Certains disent que Saddam va me tuer. Je leur rétorque que je n'ai rien fait de mal placé. Je travaille pour mon peuple." »

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