Une équipe américaine a testé sur des souris un médicament à inhaler qui permet de réduire les dommages infligés aux poumons par la fumée de cigarette. Indécrotable qui d’une main détruit ce que construit la main droite.
Le GM6001 est un inhibiteur de protéases, ces enzymes capables de découper en morceaux d'autres protéines. C'est le nouveau médicament utilisé par le chercheur Philip Pemberton, dont l'étude a été présentée au 13e Congrès annuel de la Société Européenne de Pneumologie qui se déroule en ce moment, du 27 septembre au 1er octobre, à Vienne selon Isabelle Masingue de Cyber Sciences.
Lorsque la fumée de cigarette pénètre dans les poumons, les agents toxiques qu'elle contient viennent provoquer une inflammation et stimuler les cellules du système immunitaire, en particulier des macrophages et des neutrophiles, des globules blancs appelés à la rescousse. Ces cellules inflammatoires sécrètent alors des protéases (des MMP-9) chargées de combattre les agressions que provoque la fumée du tabac.
Mais en s'attaquant aux alvéoles pulmonaires et surtout en proliférant, ces agents destructeurs laissent aussi le fumeur sans souffle, et ceci de façon irréversible. Il s'agit donc de ralentir cette prolifération anormale. L'équipe de Philip Pemberton a administré par inhalation le GM6001 durant 6 mois à des souris exposées à la fumée de cigarette. Cette molécule limite l'accumulation des cellules inflammatoires dans le tissu pulmonaire. Elle réduit ainsi les dégâts pulmonaires jusqu'à 96 % par rapport à ceux observés dans le groupe de souris non traitées. L'originalité de l'étude est d'administrer le médicament par inhalation, ce qui permet d'en localiser l'application aux poumons. On peut dans ce cas réduire les doses et restreindre les effets secondaires.
Selon le pneumologue André Gervais, de la direction de la santé publique de Montréal-Centre, « 15 % des fumeurs développeront des maladies obstructives chroniques comme l'emphysème dont la plupart des cas sont dus aux effets du tabac ». Et il rappelle que « beaucoup de chemin reste à faire pour partir de ces souris et arriver jusqu'à l'homme. Il n’empêche que ce médicament risque de réduire à néant les campagnes visant à empêcher de fumer.
Il est vrai que les États-Unis cherchent à réduire la consommation de tabac sur leur sol mais exportent sans précaution des cigarettes dont le taux de nicotine est augmenté afin de provoquer une plus grosse dépendance.
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