À l’appel de la Chjama Naziunale, des centaines de nationalistes organisés ou non, se sont retrouvés dans l'amphi Landry de la faculté de droit de Corte. Un tel chiffre marque un réel succès de la Chjama naziunale qui se pose en concurrent direct du Parti National Corse.
Il s'agissait de débattre sur le processus d'union enclenché depuis plusieurs mois et sur les prochaines élections territoriales. Un long débat s'instaurait dans la salle. « Et chacun y allait de ses réflexions, de ses sermons, de ses mises en garde sans véritablement apporter de solutions sur tel ou tel thème » note Corse-Matin avec une certaine ironie mordante. « Il faut éviter les erreurs du passé et les errements des unions précédentes qui n'étaient en fait que des unions électoralistes » indiquait-on dans la salle alors même que les précédentes unions auxquelles il était fait allusion avaient justement pour but d’aller à des élections.
Pourtant la question qui est centrale aujourd’hui dans le mouvement nationaliste corse est celle de la clandestinité ou plutôt celle de la violence politique. D’emblée le vieux leader, Edmond Simeoni a annoncé que la disparition de la clandestinité n’était pas un préalable pour lui. On voit d’ailleurs mal comment il pourrait à la fois prétendre discuter avec ceux qui font leur miel de la clandestinité et prétendre qu’il ne saurait discuter avec ceux-là.
Sans craindre la contradiction, a Chjama Naziunale a affirmé souhaiter concrétiser un protocole d'accord basé sur des valeurs essentielles que sont « la démocratie, un projet et un véritable programme d'actions pour le développement de la Corse. » Il est évident que de telles valeurs sont incarnées par ceux qui plastiquent, rackettent et affirme que quelques dizaines de cagoulés représentent le peuple corse.
Le débat a parfois été vif mais s’est heurté au paradoxe ci-dessus énoncé : a Chjama s’est constituée dans le but de faire l’union avec les partisans de la clandestinité et ne saurait donc la refuser.
À Chjama, même si Edmond Simeoni affecte des pudeurs de jeune vierge, mise tout sur l’union. Mais, par une sorte de coquetterie qui se veut réaliste, envisage que cela ne fonctionne pas. « En cas d'échec, se posera alors la question de la participation ou non de la Chjama aux prochaines élections et surtout avec qui « puisqu'il n'est pas dans nos intentions de créer un énième mouvement » a rappelé le Dr Edmond Simeoni, en envisageant de passer accord pour le deuxième tour. « Mais nous n'en sommes pas là car lorsque l'on voit le potentiel et l'aspiration de la population d'obédience nationaliste, cela devrait nous inciter à faire l'effort dès aujourd'hui. »
« Si nous présentons une garantie de crédibilité, de sérieux, que l'on annonce le jeu cartes sur table contracté forces de progrès pour un avenir serein de paix au sein de l'union européenne et dans notre berceau naturel qu'est la Méditerranée, je pense qu'il y aura une très large majorité de Corses pour cette option. »
Deux militants de l’a Chjama naziunale se sont fait arrêter récemment pour appartenance au FLNC 3. « Ils « infiltraient » la Chjama naziunale » si on en croit ce que déclarent ses militants.
TOUT LE DOSSIER CORSE
|
|