Nouvelles perquisitions chez des proches de Charles Pieri
Oct 25, 2003

Sept nouvelles perquisitions ont été menées avant-hier dans le cadre de l'enquête financière provoquant le plasticage de l’appartement d’un policier de la brigade financière et du véhicule d’un de ses collègues.

Les policiers se sont intéressés au restaurant Mariana-Plage situé à Lucciana en Haute-Corse, où le responsable nationaliste s'est marié au cours de l'été 2002. Ils cherchent notamment à déterminer dans quelles conditions Pieri a réglé les festivités.

Ils ont également perquisitionné deux sociétés de location de voitures, Filcar et Holcar, dont le gérant, Jean-Noël Filippi, s'occupe du restaurant Mariana-Plage. Jean-Noël Filippi est le fils de Jean-François Filippi abattu la veille du procès de la catastrophe de Furiani.

Des entreprises qui auraient « mis à disposition » des véhicules à deux entreprises de nettoyage et de gardiennage gérées par des proches du chef nationaliste. Les enquêteurs ont aussi investi les domiciles de son fils, Christophe, de sa fille, Elodie, et de l'ancien gérant de Corsica Hôtel Resorts, actuellement dirigé par l'un des « lieutenants » de Pieri, Jacques Mosconi. Jacques Mosconi est considéré dans le mouvement nationaliste comme l’ombre de Charles Pieri. Enfin, ils ont ouvert un coffre de banque appartenant à des membres de l'entourage de Pieri.

Les recherches des policiers ont toutefois conduit à quelques surprises. Dans la chambre occupée par Charles Pieri à l'Hôtel du Golfe, deux armes, détenues semble-t-il illégalement, ont été retrouvées : un colt et une carabine. Le leader nationaliste était également en possession des clés de l'établissement où il se serait chargé de recruter le personnel.

Dans la nuit qui a suivi ces perquisitions, des attentats ont visé sans faire de blessés dans la nuit de jeudi à vendredi l'appartement et la voiture personnelle de deux officiers de la police judiciaire à Ajaccio et sa banlieue.

"La section spécialisée dans la lutte contre le terrorisme du parquet de Paris s'est immédiatement saisie de l'affaire", a déclaré le procureur Patrick Mathé, qui s'était rendu sur les lieux des attentats.

Ces attentats ont été revendiqués par le FLNC-Union des Combattants (FLNC-UC).

Le commissaire de police dont l'appartement a été visé à Ajaccio est le chef de la section financière du SRPJ d'Ajaccio, l'un des officiers qui mènent depuis deux jours, avec ses collègues de la brigade financière de Paris, les perquisitions visant en Corse des sociétés plus ou moins liées au leader nationaliste Charles Pieri.

Le capitaine dont la voiture a été détruite un quart d'heure plus tard par une charge explosive à Afa, dans la banlieue d'Ajaccio, faisait partie de son équipe et participait également activement aux perquisitions, a précisé le procureur.

Ce dernier s'est refusé, pour l'heure, à faire "tout lien" entre les attentats et les perquisitions.

"C'est probable mais, d'un autre côté, la ficelle est tellement grosse que l'on peut également penser que ceux qui ont perpétré les attentats voulaient qu'on fasse le lien", a commenté une source proche du dossier des perquisitions. "En attendant les résultats de l'enquête, tout est envisageable", a-t-elle conclu.

La porte de l'appartement du commissaire a été soufflée par la déflagration d'un engin de forte puissance vers 4h30, a constaté un journaliste de l'AFP. L'officier était seul, dans sa chambre. Les portes d'entrée de deux appartements situés sur le même palier du 2e étage de cet immeuble résidentiel du centre d'Ajaccio ont également été soufflées.

"Je venais de me lever parce que je pensais que j'avais une fuite d'eau dans ma cuisine (contiguë à la porte d'entrée) et, quand je suis reparti dans ma chambre, le souffle de l'explosion m'a précipité contre le chambranle de la porte", a témoigné un voisin, un homme âgé qui se déplace avec difficulté.

Selon nos informations, le secteur Ajaccio du FLNC UC serait bien responsable de ces attentats. Il s’agirait d’une riposte, ô combien maladroite, à l’offensive de la justice. La riposte aurait été décidée pour démontrer à la base que la direction tient bon la barre. Mais le résultat a été inverse à celui escompté. La brigade financière est au contraire décidée à aller jusqu’au bout. Les deux policiers visés l’ont été à partir d’informations fournies depuis l’intérieur même du commissariat d’Ajaccio.

Nicolas Sarkozy a téléphoné vendredi matin aux deux policiers. Il les rencontrera jeudi 30 octobre, lors d'une visite sur l'île du ministre de l'intérieur. Le préfet de Corse, Pierre-René Lemas, et le préfet de police, Philippe de Lagune, se sont rendus chez M. Gabillard dans la nuit.

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