La grande confusion de la violence nationaliste
Oct 21, 2003

Dans la région bastiaise le premier plasticage a eu lieu peu après 22 heures et a visé une résidence secondaire située au hameau de Busseto sur la commune de Sisco (Cap Corse).

Selon les gendarmes qui ont été chargés de enquête judiciaire, cette demeure appartient à un fonctionnaire continental qui réside habituellement dans le département de la Haute: Garonne. Vide au moment des faits, la villa qui s'élevait sur deux niveaux et comprenait une grande terrasse a été entièrement détruite par une charge évaluée à près de trente kilos d'explosif.

Il est à noter que d'autres maisons situées à proximité ont subi des dommages matériels, notamment des fenêtres brisées par le souffle de l'explosion.

Le deuxième attentat de la région bastiaise a eu lieu à trois heures du matin. La cible : un restaurant situé en plein cour du port de plaisance de Toga, dans le quartier nord de Bastia. Là aussi les dégâts sont très importants. Selon les démineurs, la charge explosive a été placée devant la porte d'entrée pourtant dotée d'un épais rideau de fer.

Cet établissement est une pizzeria à l'enseigne « La vita e bella ». Le portail du petit immeuble jouxtant ce restaurant a également été détruit par l'effet de souffle, ainsi qu'une voiture de marque « Fiat » immatriculée à Livourne et stationnée à quelques mètres. Ce sont les policiers de la sécurité publique de Haute-Corse placés sous les ordres du commissaire Didier Cristini qui ont mené sur place les premières investigations et constatations d'usage. Selon eux, « il est possible qu'il puisse s'agir d'un dossier de droit commun lié à une affaire d'extorsion de fonds ».

Rappelons qu'il y a quelques semaines, une autre pizzeria, elle aussi située sur le port de Toga, avait été la cible d'un plasticage nocturne. Deux personnes avaient été interpellées et mises en examen peu de temps après.

Le procureur de la République près le tribunal de grande instance de Bastia a bien entendu été saisi.

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L'investigateur - La violence qui nous tue

La violence qui nous tue
Oct 21, 2003

Une nouvelle nuit bleue. Les Corses ont l’impression de ne plus pouvoir s’en sortir. Peut-être devraient-ils commencer par balayer dans leur propre cour.

L’absurdité et l’imbécillité des récents attentats apparaissent ici dans toute leur splendeur. Nous ne voulons pas rentrer dans l’affreux dilemme qui consiste à vouloir trouver plus anormal la destruction de biens appartenant à des continentaux que ceux de Corses. Mais ici voilà un Corse au patronyme continental qui est attaqué.

Quel meilleur symbole de l’idiotie de ces plastiqueurs qui se fie aux noms de famille. Nicolas Sarkozy a absolument raison d’employer des adjectifs tels que « lâcheté » « bêtise » voire « cupidité ».

Les Corses sont fatigués d’avoir à subir les conséquences de quelquse individus. Car Paul Giacobbi a souligné avec justesse que ces tristes sires nous mènent à la catastrophe économique. Les assurances se retirent. Les groupes industriels craignent le racket.

Combien de fois faudra-t-il répéter qu’une Corse moderne devra s’inscrire dans une Europe qui condamnera cette violence. Que peut-il nous arriver ? D’être oubliée de tous et de mariner dans notre jus.

La côte Dalmate se remet à grande vitesse de la guerre des Balkans. Les Baléares ont compris le mal causé par le tout tourisme et revient en arrière privilégiant la beauté sur la productivité. Personne ne nous attend. Mais persuadés que nous sommes d’être le nombril du monde, nous feignons de croire que même violents, peu amènes, nous continuerons de drainer les foules. Détrompons-nous : les violents chercheront toujours les petits profits du racket, des trafics. Mais les jeunes corses finiront par étouffer dans cette atmosphère viciée.

La violence nous tue. Pas par les explosions qui n’ont d’autre but que de faire plier les futures victimes. Elle nous tue insidieusement à travers un suicide terrible. Nous sommes la première région pour la mortalité de jeunes hommes sur la route. Nous sommes la première région pour l’obésité des jeunes (22% pour les enfants et 24% pour les adultes).

Nous battons des records en ce qui concerne les cancers féminins dues à la cigarette (merci à la détaxation partielle). L’assassinat a souvent été une cause essentielle de mort de jeunes gens.

Nous sommes la troisième région pour la séropositivité. L’une des premières pour les avortements clandestins. Etc. Etc.

En un mot, nous n’allons pas bien. Mais pas à cause d’un colonialisme fantasmatique qui a bon dos. Notre région est en tête pour les progrès de l’emploi et la douceur de vivre.

Ce sont nos propres démons qui dévorent nos enfants et au premier rang de cela : la violence. Nous laissons nos enfants conduire leur moto sans casque. Lorsqu’ils sont coincés par un gendarme nous cherchons à leur épargner cette épreuve tout en la souhaitant pour les enfants du voisin.

Nous stigmatisons la France tout en appelant de tous nos vœux ses hommes et son argent lorsque nous avons besoin. Chez un être humain nous nommerions cela de l’immaturité et nous chercherions à corriger ces comportements d’enfants gâtés qui nous tue.

Chez certains Corses on appelle cela un combat. Seulement ce combat nous le menons contre nous-mêmes. Alors apprenons d’abord à vivre entre nous. Ensuite nous pourrons juger les autres.

Enfin, il faut souligner que plus personne n’y comprend rien. À force de jouer au billard à cinquante mille bandes, plus personne ne peut prévoir comment les actes de violence seront interprétés par les uns et les autres.

Pire la violence rend vicieux tous les raisonnements à commencer par ceux qui prétendent être contre. Le président Chirac avait raison de dénoncer ce « cancer ». Droit commun et politique s’unissent dans un monstrueux mariage.

Contre cela il n’est qu’une solution : celle choisie par Paul Giacobbi : condamner sans concession et sans arrière-pensée. Il faut refuser tout compromis pervers avec ceux qui usent de ce moyen en démocratie. Mais encore faut-il le dire sans hésiter.

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