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Arriti, l’hebdomadaire du PNC avait consacré un numéro spécial à la fraude électorale lors du référendum. Le dossier est impressionnant. Le premier article d’Arritti est intitulé « La face cachée de l’iceberg ». Car la fraude dont il est apporté ici des preuves est la plus visible.
On ne compte plus les personnes qui ne se sont pas déplacées mais on quand même voté. Le maire de Propriano, Paul-Marie Bartoli a ainsi justifié d’une grande partie des 26 électeurs qui ont voté sans bouger. Ceux-ci ont été contacté un par un et ont attesté qu’ils n’avaient pu se déplacer. Quant à savoir ce qu’ils ont voté. Même pas eux le savent. Mais il y a fort à parier qu’ils ont voté non.
À Bastia, la fraude est affaire presque normale. La municipalité est en théorie tenue par les radicaux de gauche ralliés à Jean-Pierre Chevènement. En fait, l’appareil est presqu’indépendant. La municipalité est pour la municipalité. Une grande partie de l’appareil est aux mains de la fraction la plus matérialiste du Parti communiste avec à sa tête Ange Rovère. D’autres militants, plus idéalistes (les pauvres) réprouvent cet art de la gamelle mais n’y peuvent rien.
Pour ceux qui tiennent le manche, il s’agit surtout de ne pas le perdre et tout est bon pour garder le cap. Autrefois déjà, sous le mandat du père d’Émile Zuccarelli, la fraude était presqu’un art. « La fraude, peut-être, mais seulement au moment des élections » aurait rétorqué l’un de ces émules dans une affaire restée célèbre celle du figuier. Ah oui, au fait, un nom apparaissait alors dans la liste suspectée d’inélégances : celui d’un certain Charasse, Castellani par sa mère, qui ne rêvait que de devenir le roi dans cette île qu’il n’a depuis de cesse de dénigrer.
La fraude donc, argument majeur des clandestins pour justifier la violence et jeter le bébé avec l’eau du bain, la démocratie avec sa lèpre. À ce dossier nous joignons les preuves apportées par le PNC.
Face cachée de 1'iceberg
Ce numéro spécial d'Aritti révèle les preuves de la fraude qui a entaché le scrutin du 6 juillet.
Déceler des fraudes n'est pas un travail
aisé. Cela réclame beaucoup de temps et les fraudeurs sont de nos jours expérimentés et organisés. Le problème est en effet récurrent dans l'île: 40 ans au moins qu'il empoisonne la démocratie insulaire!
Ces délinquants du suffrage universel procèdent par « pointage», repèrent d'une élection sur l'autre, par exemple, les abstentionnistes, gonflent aussi artificiellement les listes, achètent à l'occasion enfin des électeurs dans le besoin... L'ensemble de ces pratiques leur fournit une masse de manœuvre ensuite considérable, toujours utile, surtout quand l'issue du scrutin promet d'être serrée, comme cela a été le cas pour la consultation du 6 juillet.
Compte tenu de cette « professionnalisation » de la fraude, compte tenu aussi du fait que, l'examen des listes d'émargement est forcément long et minutieux, ce qui ne nous a pas permis de passer au crible toutes les listes à notre disposition au moment de faire paraître Arritti, on peut affirmer que ce qui est révélé dans ce numéro spécial n'est qu'une face cachée de l'iceberg.
Toussaint Luciani du Mouvement pour la Corse, aidé d'Edmond Simeoni notamment, mais aussi de militants du PNC, a été d'emblée offensif. Il a déposé un recours en annulation devant le Conseil d'État. Idem pour Corsica Nazione qui a surtout dénoncé pour l'heure les conditions de la campagne électorale, en déposant aussi un recours en annulation. L'un et l'autre préparent des recours devant la juridiction pénale.
U Partitu di a Nazione Corsa l'a annoncé, il déposera également plainte au pénal. Il est impératif en effet d'arriver à sanctionner les fraudeurs et pour cela il est grand temps que le pouvoir de justice de l'État français ne s'en rende plus complice de fait (se rappeler du rapport scandaleux de Jean-Jacques Queyranne, alors ministre de l'intérieur, pour contrer notre recours en annulation aux élections territoriales de 1998). C'est l'impunité qui permet la récidive. C'est aussi parfois des décisions provocatrices, comme l'est le nouveau projet de loi sur les votes par procuration (voir ci-dessous). Hè ora ch'ella finisca!I
FG.
Procurations 25 ans en arrière?
Les maires PNC et apparentés (François Alfonsi, Christian Leca, Lionel Mortini, Pierre Jean Stefani, Yves Stella) ont alerté l'opinion sur le projet de loi en cours d'élaboration pour modifier les modalités d'établissement des procurations. Cette loi nous fera faire un funeste retour en arrière.. Une simple attestation sur l'honneur de l'électeur, en effet, suffira désormais à établir la procuration. Pour toute réponse il leur a été écrit que le projet de loi suivait son cours, et, comble du comble, les procurations seront établies directement en mairie! Pàrenu foie. Nous reviendrons très prochainement sur cette question cruciale.
Voyage au pays de la fraude
Émile Zuccarelli n'a pas de mots assez durs pour fustiger ceux qui dénoncent la fraude électorale dans le scrutin du 6 juillet 2003: «Nous ne pouvons laisser dire n'importe quoi à une minorité de personnes ne supportant pas d'avoir perdu... Le procédé de nos détracteurs qui ont essuyé une défaite historique est grossier... Il s'agit là d'une manœuvre préméditée servant à mieux critiquer et à mieux calomnier par la suite... Je peux vous certifier que toutes les opérations de vote se sont bien déroulées... Il n’y a eu aucun problème »
Il faut d'abord rappeler que ce propos émane d'un expert. On doit en effet aux services électoraux de la ville de Bastia des prouesses électorales désormais fameuses. En 1986, il était candidat député et son père jean Zuccarelli encore maire de Bastia quand la totalité des registres d'émargements de la ville firent falsifiés au bureau centralisateur de la Mairie pour faire disparaître la trace d'une soixantaine de fausses procurations. Cette falsification à la chaîne, constatée notamment par un préfet encore tout ébahi, se solda par l'annulation de l'élection et la modification de la loi électorale: c'est depuis lors que chaque électeur en France est amené a signer le registre d'émargement lui-même, pour empêcher que ne se reproduise la technique des émargements «à la chaîne» des services municipaux de la ville de Bastia!
Qu'à cela ne tienne: la fraude électorale n'a pas toujours besoin d'être aussi massive, et les techniques peuvent varier. En 1998, les « techniciens électoraux » de la ville, malgré les condamnations en justice, sont grosso modo les mêmes qu'en 1986. Émile Zuccarelli, député maire, a définitivement remplacé son père
décédé depuis. L'enjeu n'est plus de maquiller une fraude le jour d'un scrutin, mais d'assurer un siège de conseiller général dans le 3ème canton de Bastia à Jean Jacques Vendasi, frère de Fanfan Vendasi, maire et conseiller générai de Furiani.
La machine électorale agit en amont et fait faire un bond en avant à la liste électorale de ce canton: + 50% lors de la révision électorale qui précède le scrutin fatidique! Pour cela, on fait flèche de tout bois: électeurs fantômes «domicilies» dans un logement insalubre, ou bien domiciliés chez des personnes âgées boulevard Gaudin par le leu de fausses attestations d'hébergement, ou bien électeurs «changés d'adresse», etc.. Plus de 100 inscriptions frauduleuses sur 300 seront ainsi mises en évidence par l'enquête de police diligentée suite à la plainte au pénal déposée par Edmond Simeoni, avant que le commissalre en charge de l'enquête ne soit brutalement «muté» hors de Bastia, jean Pierre Chevènement étant alors Ministre de l'Intérieur.. Son enquête, même incomplète, permettra cependant de mettre au tribunal les faussaires, et de les faire condamner pénalement.
En 2003, pour ce référendum, aucun des « repris de justice » de la précédente fraude électorale n'a été sanctionné. Le service des élections reste tout entier dévoué à Émile Zuccarelli. Aussi, les scores de l'entité électorale « Bastia-Furiani » défraient à nouveau la chronique. Rappelons d'abord que le scénario de cette saga politico-électorale a connu un rebondissement inattendu en 2002, lors des élections législatives, quand le maire de Furiani, conseiller général, ainsi que son frère, élu dans les conditions que l'on vient de rappeler par les services électoraux bastiais, sont entrés en dissidence contre le chef dynastique Zuccarelli, héritier de son père Jean, et de son grand père Émile Sari.
Les mots ont alors manqué à Émile pour dénoncer les «financements mafieux » de Fanfan, alors que jusqu'a présent, et notamment en 1998, ils ne l'avaient jamais choqué. Les mots manquaient tout autant à Fanfan, dont la faconde électorale n'est pas aussi brillante que celle de son « maître Émile », pour stigmatiser les fraudeurs de l'équipe municipale. Quelle foire d'empoigne!
Fanfan trouva quand même les quelques mots nécessaires pour rappeler que tous les travers qu'Émile lui reprochait, il les avait appris à ses côtés, durant les longues années héros des « modernes», réputé pour son entregent financier gagné notamment à l'occasion des marchés publics de la région bastiaise, reçut le soutien de tout un électorat inattendu, à tel point que le télévisions affirmaient qu'il était ouvertement appuyé par les plus radicaux des nationalistes!
L'autre, parangon de vertu morale, fit donner à fond son bataillon électoral. La bataille fut chaude, et Émile l'emporta. Un an plus tard, Émile et Fanfan se sont retrouvés «main dans la main» pour faire passer le «non»: 80% à Furiani, 70% à Bastia, avec des participations « canons», et, bien sûr, l'indispensable «coup de pouce».
Certes les techniques se sont affinées: fini l'émargement »à la chaîne» immédiatement reconnaissable sur la liste d'émargement. Il nous faudra plus de temps cette fois pour démontrer la fraude qu'en 1986, quand une même croix émargeait tous les électeurs de plusieurs bureaux électoraux. Cependant, des dizaines d'émargements semblables entre électeurs qui n'ont pas donné de procuration entre eux sont d'ores et déjà constatés (voir ci-contre un premier exemple).
Et, bien sûr, certains bureaux se distinguent par la profusion d'émargements « bidons», sortes des gris-gris indescriptibles, ajoutés pour désamorcer les recours ultérieurs, en faisant « coller» le nombre d'enveloppes « retrouvées » dans l'urne avec le nombre d'émargements comptabilisés sur la liste.
Mais, pour habile qu'elle soit, l'existence de cette fraude est restée décelable. Nous le montrons plus loin avec l'exemple de Furiani, 1' bureau.
Ces éléments détaillés démentent une nouvelle fois les dénégations indignées d'Émile Zuccarelli et des siens.
Quand la Corse en aura-t-elle fini avec ses Tartuffes? Ne serait-il! pas temps que justice passe? Car la tolérance de la société pour le fraudeur a les mêmes effets que pour l'incendiaire: elle provoque la récidive, et elle nous mène à la catastrophe. I
François ALFONSI
TOUT LE DOSSIER CORSE
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