Nicolas Sarkozy rend hommage au RAID
Jul 23, 2003
Auteur: L'investigateur

Le ministre de l'Intérieur Nicolas Sarkozy a rendu hommage lundi au RAID, le corps d'élite de la police nationale qu'il apprécie particulièrement et qu'il avait chargé il y a quelques mois d'arrêter l'assassin présumé du préfet Erignac, Yvan Colonna.

Au siège de l'unité, à Bièvres dans l'Essonne, Nicolas Sarkozy n'a pas caché l'admiration qu'il voue au RAID (Recherche Assistance Intervention Dissuasion) fondé par le commissaire Ange Mancini après son passage au SRPJ d’Ajaccio. Nicolas Sarkozy a même évoqué l'affection qu'il porte à son chef Christian Lambert, élevé lundi matin au rang de contrôleur général. "S'il est un service où la prime au mérite doit trouver une application, il s'agit bien du RAID", a jugé Nicolas Sarkozy.

Le ministre a multiplié les compliments à l'égard de la centaine de policiers du RAID, dont trois femmes depuis peu qui ont participé pour deux d’entre elles à la traque d’Yvan Colonna. Il a vanté leur "professionnalisme", leur "courage", leur "sang-froid" et leur "sérénité".

Nicolas Sarkozy avait pu apprécier l’efficacité du RAID lorsque le 13 mai 1993, un forcené avait pris en otage les enfants d'une école maternelle de Neuilly-sur-Seine la ville dont Nicolas Sarkozy était alors le maire.

Christian Lambert et de nombreux officiers actuels du RAID appartenaient déjà à l'unité, avec qui Nicolas Sarkozy était resté en contact constant durant la prise d'otages, conclue par la libération des enfants et la mort du preneur d'otages.

Le RAID avait été boudé par Jean-Pierre Chevènement qui lui avait préféré pour intervenir en Corse la division nationale antiterroriste (DNAT), dirigé par le commissaire Marion.

"Je savais que vous seriez à la hauteur de ce défi. La loi républicaine a retrouvé sa dignité en Corse grâce à vous", a dit le ministre lundi.

Le ministre a tenu à ce que la cérémonie… soit cérémonieuse : musique martiale, drapeau frappé d'une devise ("servir sans faillir") pendant la revue.

Une stèle a été inaugurée en l'honneur de trois fonctionnaires morts en service, Christian Caron et Fernand Seither en 1989 à Ris-Orangis alors qu'ils tentaient de neutraliser un forcené, et René Canto en 1996 en Corse lors d'une intervention visant des nationalistes clandestins. À l’époque le gouvernement discutait avec les dirigeants de la Cuncolta et du FLNC Canal historique. Le RAID arrivait tout juste de Roubaix où il avait opéré contre des terroristes islamistes. Des inspecteurs avaient pris en filature deux membres présumés du FLNC Canal historique. Ces derniers se croyant filochés par des ennemis avaient ouvert le feu. La voiture des policiers dépourvus de signes distinctifs avait été touchée. Après un tir nourri, un policier, René Canto avait été tué ainsi que le nationaliste Jean-Luc Orsoni. Un autre policier avait été blessé. Charles Santoni qui l’accompagnait sera très lourdement condamné malgré l’absence de preuves établissant qu’il était le tireur. Cet homme était par ailleurs soupçonné d’être l’un des hommes de main particulièrement dangereux de François Santoni.

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