Le livre noir de la presse luxembourgeoise


La presse luxembourgeoise a une position tout à fait spéciale. Financée grassement par l’Etat luxembourgeois, elle ne dépend pourtant pas que du bon vouloir politique en général, mais également des divers lobbys politiques ou syndicaux qui ont pignon sur rue au Grand-duché.

Excepté l’audiovisuel qui échappe en partie à ce contrôle de la pensée, encore que ce secteur est dépendant d’autres influences, la presse imprimée relève exclusivement des immiscions de partis ou de pensées politiques. Chaque parti a « son » organe de presse qui défend ses idées et attaque celle des autres. Une presse politique donc dans le mauvais sens du terme qui constitue une particularité bien luxembourgeoise.

Le groupe Saint-Paul (Luxemburger Wort, Télécran, Voix du Luxembourg, radio DNR et une flopée d’autres produits journalistiques) défend les positions catholiques ainsi que celles du CSV et du syndicat LCGB, le groupe Editpress (tageblatt, Revue, Quotidien et d’autres) représente la pensée du parti socialiste et du syndicat OGBL, le « Letzeburger journal » est le quotidien du parti démocrate. Même les communistes ou encore les écologistes disposent de leur propre publication, quotidienne pour les premiers, hebdomadaire pour les deuxièmes.

L’influence du pouvoir politique –du moins celui qui est au pouvoir- se retrouve également sur les antennes radiophoniques et télédiffusées de RTL-Luxembourg. Dans ce secteur audiovisuel, une petite révolution a eu lieu avec des initiatives modestes émanant –dans une conception plutôt médiocre- de la nouvelle chaîne luxembourgeoise TTV et –dans un projet bien plus ambitieux même si encore timide- de la nouvelle chaîne .dok, den oppene Kanal.

Autre facteur à singulariser la presse luxembourgeoise : chaque organe de presse, si petit soit-il, acquiert de par l’étroitesse du territoire grand-ducal, une dimension nationale. Alors que tous les journaux, revues, émissions de télévision ou de radio, n’ont finalement qu’un niveau régional comparable aux quotidiens ou magazines régionaux ou aux télés et radios locales dans les pays voisins, ils sont de fait au Luxembourg en situation d’organe de presse national.

La presse grand-ducale a innové ces temps derniers avec des créations de médias en français, en anglais ou encore en langue portugaise, tenant ainsi compte de l’évolution du pays vers le multiculturalisme. Mais la véritable révolution fut il y a quelques années la naissance de l’hebdomadaire satirique « Feierkrop » et de « L’investigateur », deux pavés dans la mare journalistique luxembourgeoise qui ont profondément bouleversé les habitudes de lecture et d’approche de l’actualité.

Cette presse luxembourgeoise est malade de ses contradictions et de ses multiples dépendances. Et se comporte très souvent en voyou.

Voyage à l’intérieur d’un monde surprenant qui, au Luxembourg, est tout, sauf le quatrième pouvoir.
Fiche technique AUTEUR: ouvrage collectif
VOLUME: 100 pages
FORMAT: 21 X 12,5 CMS
EDITEUR: Les éditions de « L’investigateur », Luxembourg
COUVERTURE: chromolux/sinarcote
PAPIER: Munken 1,8 vol. bl.crème
FACONNAGE : collage, dos carré

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