Gabriel Culioli répond aux questions de l'Investigateur relatives à un article d'Enrico Porsia
"Mieux vaut être corsiste que de soutenir ceux qui ont posé des bombes et tué des innocents"

Lire également la mise au point de "L'INVESTIGATEUR"

Un journaliste du site Internet Amnesia.net, Enrico Porsia, attaque l'un de vos articles écrit dans le mensuel " Corsica ". Pourquoi cette virulence ?

Je ne la comprends d'autant moins que ce qui m'est reproché est faux mais surtout dérisoire. Par ailleurs, je tiens à dire que je serais plutôt d'accord avec les grandes lignes politiques de ce site : anti-fascisme, lutte contre le révisionnisme et, conjoncturellement lutte contre les expulsions qui frappent les anciens militants des Brigades rouges italiennes.

Amnesia.net s'en prend à vos relations avec l'Investigateur et plus généralement semble vous soupçonner des pires vilennies avec un courant politique corse : le corsisme.

Mes relations avec l'Investigateur sont on ne peut plus simples. J'ai eu la surprise de lire vos informations sur l'assassinat de François Santoni. Je vous ai contacté. Puis lorsque vos informations ont commencé à se vérifier je vous ai interrogé pour le mensuel Corsica. Amnistia.net relève un petit extrait du journal de bord tenu par une taupe des Renseignements généraux que j'ai intégré dans mon article sur Roger Marion. C'est un passage extrêmement court dans mon article qui prévoyait le départ de Roger Marion. Mais pour Porsia, c'est l'essentiel. À petit bonhomme, petit intérêt. Or, vous pouvez en témoigner, je vous ai demandé l'autorisation de l'utiliser en ne citant pas l'Investigateur qui se trouvait un peu trop au centre de l'actualité corse. (NDLR : "L'investigateur" confirme totalement les dires de M. Culioli).

Vous confirmez donc être ce Paul Luciani dont parle Amnesia.net ?

- Porsia en se voulant un fléau du capitalisme finit par en devenir la balance -

Qui donc cela peut-il intéresser Mais enfin, puisque Porsia a réussi à faire parler de lui parlons des révélations porsiennes. En premier lieu, Paul Luciani est un pseudonyme de rédaction qui couvre plusieurs journalistes qui d'ailleurs travaillent régulièrement ou irrégulièrement pour Corsica, un peu comme Jérôme Canard dans le Canard Enchaîné. J'ai par exemple été violemment attaqué par un site nationaliste corse. Le communiqué de solidarité était signé Paul Luciani, signature qui, fort heureusement, dépassait ma seule personne. En second lieu, Enrico Porsia a fait une chose qui ne se fait jamais dans le journalisme sauf vis-à-vis d'ennemis : casser un pseudonyme. Porsia donne des leçons à longueur de pages sur ceux qui dénoncent à tort et à travers. Or il ne fait rien d'autre que cela. De plus, sa révélation est une misérable scoopette. Qui cela peut-il intéresser de savoir que Paul Luciani recouvre Gabriel-Xavier Culioli? Qui, en dehors de ceux qui lisent Corsica, connaissent ces personnages? C'est à la fois grotesque et puéril. Mais cela aurait pu être grave. Pardonnez moi ce jeu de mot, mais Porsia en se voulant un fléau du capitalisme finit par en devenir la balance.

Pourquoi vous attaque-t-on ?

Je ne peux qu'avancer des raisons d'ordre psychanalytiques voire psychiatriques. Psychiatriquement, ce site verse mois après mois dans une paranoia aigue de type khmer rouge. Toute personne qui pense autrement que les animateurs de ce site, est aussitôt suspectée de déviationnisme aigu. Eux seuls sont détenteurs d'une pureté idéologique qui fait froid dans le dos. Porsia n'a de cesse de se revendiquer de l'ultra-gauche italienne. Il semble même se vanter de hauts faits qui n'ont existé que dans son subconscient. Mais l'important est que lui y croie. Donc Porsia et ses camarades se sont transformés en chevaliers taillant des croupières à tous ceux chez qui ils pensent trouver un rien de libéralisme. Leur collègue et ami, Daenninx, qui travaille sur le même site, dénonce à juste titre le racisme, l'antisémitisme et le révisionnisme. Jusque là rien à dire. Mais ses dénonciations virent parfois à la bouffée délirante. Il remonte cinquante ans en arrière pour dégoter dans les greniers des écrits de droite d'un tel ou d'un tel qui sont alors soupçonnés d'être des agents doubles. C'est proprement hallucinant. Ce qui fait qu'au bout du compte cette petite bande se transforme en allliés de ceux qu'ils sont censés combattre. Leurs excès finissent par nuire à leur propre cause.

Porsia vous accuse d'être " le préfacier attitré d'un ancien dirigeant du FLNC ".

Pour un homme qui prône l'amnistie, Porsia est assez terrifiant. Il est évident que cet être d'exception a toujours agi comme il le fallait même quand il fricotait avec des poseurs de bombe. Pourtant, j'ai la faiblesse de croire que le Porsia d'alors n'est pas forcément le Porsia d'alors. Mais pour lui comme pour ses camarades, on nait coupable, on meurt coupable. Tuez les tous, Dieu reconnaîtra les siens. Or Porsia n'est pas pour moi un inconnu. J'ai milité une vingtaine d'années à la Ligue communiste. Puis j'ai rejoint l'Accolta naziunali corsa, une organisation nationaliste corse qui se battait contre les méthodes du FLNC canal historique. J'écrivais alors dans le mensuel de cette organisation qui s'intitulait A Fiara. J'ai alors été contacté par un ami qui se prénommait Antoine dit Criquet. Il voulait me présenter deux hommes qui se vantaient d'avoir eu des activités ultras en Italie. L'un d'entre eux écrivait des contributions dans la Fiara et professait une admiration particulière pour le responsable de l'ANC, Pierre Poggioli. J'ai donc rencontré cet Italien, dans un café près de la Mutualité. Il se nommait Enrico Porsia. Par la suite, il m'a téléphoné un soir dans un état second pour me faire part de son scandale à la suite d'un article de la Fiara où le FLNC était comparé aux Brigades rouges. Il m'a alors tenu des propos que j'ai jugés incohérents. Par la suite, j'ai souvent vu sa signature au bas d'articles portant sur la Corse et qui relevaient le plus souvent des rumeurs qui circulaient dans l'île. Alors il est vrai que j'ai écrit les préfaces des deux premiers livres de Pierre Poggioli, ancien dirigeant du FLNC.

Pierre Poggioli, cet ami que nous avions en commun. L'attitude de Porsia est pathétique. Il règle des comptes à travers le journalisme et ça c'est moche. Il pense peut-être que je suis toujours dans le sillage politique de Pierre Poggioli. Je n'en sais rien. Dans un ordre psychanalytique, il me semble que Porsia fait une fixation amoureuse sur la Corse rejoignant ainsi ces Continentaux qui fantasment sur notre île et haïssent ceux qui osent empiéter sur l'unique objet de leur désir. En bref, Porsia me semble frappé par de multiples maladies infantiles dont celle du gauchisme. Alors c'est vrai que j'ai préfacé deux livres de Pierre Poggioli qui a une autre dimension que celle d'ancien dirigeant du FLNC. Que dirait Porsia si on le réduisait à l'ancien sympathisant d'un groupe qui se réclamait plus ou moins des Brigades rouges ? Sacré pedigree non ? Porsia vaut tout de même mieux que ça non ? Enfin, je le pense.

Mieux vaut être corsiste que de soutenir ceux qui ont posé des bombes et tué des innocents

Porsia vous soupçonne de " corsisme " et au passage vous reproche d'avoir fait une interview de Jean-Jé Colonna que vous lui auriez fait relire ?

À propos de mes opinions politiques, j'emmerde Porsia. Je ne suis pas corsiste. Mais si je l'étais je n'en aurais pas honte. Mieux vaut être corsiste que de soutenir ceux qui ont posé des bombes et tué des innocents. Le corsisme est un courant d'idée démocratique qui a toute sa place en Corse. Mais confidence pour confidence, j'ai voté Besancenot aux dernières élections, je suis croyant et j'espère que je trouve que la plus grande plaie de l'humanité est le racisme qu'il soit de gauche ou de droite. J'ai interviewé Robert Feliciaggi. Je le trouve très attachant ce qui ne veut pas dire que je sois de son avis. J'espère que Porsia a des amis qui dépassent son horizon politique ou alors bonjour les joyeuses soirées. Quant à l'interview de Jean-Jé, j'en suis foutrement fier. Porsia annonce comme une nouvelle scoopette que j'ai fait relire l'interview. Pardi c'était écrit dans Corsica et dans Le Monde. Porsia est un super journaliste. Malheureusement pour lui : lorsqu'il a interviewé le regretté Marcel Lorenzoni, ancien dirigeant du FLNC, ce dernier affirmait partout qu'il avait revu l'interview. Quand Pantaléon Alessandri, ancien dirigeant du FLNC est interviewé par Porsia, il relit évidemment son interview. Quand n'importe quel homme politique un peu responsable est interviewé, il relit sa copie. Jean-Jé Colonna est en cavale. Il me semble tout à fait cohérent qu'il demande à relire les propos qui lui seront attribués et qui risqueraient d'être à charge contre lui. Faire relire une interview est normal pour tout le monde sauf pour Porsia qui aime s'autoastiquer la plume pour faire jaillir son invisible génie à la face d'une humanité ignorante et évidemment dégoulinante d'une admiration spermatique féconde d'un avenir radieux et rouge, forcément rouge. Le problème est qu'à force de se palucher, il est devenu sourd à tout et surtout à l'humilité.

Porsia vous reproche enfin d'avoir commis une faute en imaginant qu'Yvan Colonna, le présumé assassin du préfet Erignac, aurait été prévenu par une équipe de TF1 détentrice d'une copie du journal " Le Monde " sorti à Paris la veille de sa sortie en Corse.

Là encore, pardonnez-moi mais la prétention de ce petit monsieur est tout de même faramineuse. Cette pique méchante et agressive semble vouloir indiquer au lecteur que lui seul Enrico Porsia, connaîtrait sur le bout des doigts l'histoire du nationalisme corse ou, mieux encore, serait le seul journaliste sérieux de la planète. Il s'en prend à moi un peu à la manière de ces chipies de cour d'école qui piaillent " C'est moi la plus belle, na ". Ce garçon a gardé une grande juvénilité qui, risque pourtant dans quelques années de virer à la sénélité précoce. À trop vouloir rester jeune, on passe sans s'en apercevoir de la couche Pampers anti-fuite à la couche Confiance, de la purérilité au gâtisme coulant. Que Porsia se renseigne donc et il verra que j'ai raison. L'équipe de TF1 attendait non loin du domicile de Mathieu Filidori, arrêté deux jours avant et en garde-à vue parce qu'accusé par l'anti-terrorisme, d'avoir été partie prenante d'un complot visant à tuer le préfet. Or Filidori avait déjà été relâché et la DNAT sur les ordres du commissaire Marion, le faisait réincarcérer pour démontrer la fiabilité de la piste dite agricole qui s'opposait à celle du commando dirigé par Yvan Colonna, thèse que défendaient à la fois les gendarmes et le préfet Bonnet. Bref l'équipe de TF1 était bien là et a pris le chemin de Cargèse, le village d'Yvan Colonna quand ce samedi vers 13 heures la rédaction nationale lui a faxé le Monde. Je le sais parce que c'est le journaliste en question qui me l'a dit de vive voix. Il s'appelle Axel Girard et il est facilement contactable. Porsia parle de ce qu'il ne connaît ou de ce qu'il connaît mal.

Mais au bout du compte, tout cela n'a strictement aucune importance sinon de faire croire à Porsia que Porsia est le nombril du monde. Ma conclusion est : grotesque et ridicule.

Avez-vous réagi ?

J'ai envoyé un droit de réponse qui passera avec l'aide s'il le faut de la justice. Amnistia.net sera condamné en plus aux dépens et devra payer les frais de justice. S'ils ont assez d'argent pour se payer ce luxe, grand bien leur fasse. J'ai tenté de joindre Porsia au téléphone pour m'expliquer avec lui. Je lui ai laissé mes coordonnées. Je n'ai aucune nouvelles de lui. Si j'en avais eu, j'aurais fait passer ma réponse et l'affaire se serait arrêté là. C'est d'ailleurs la raison de cette interview dans l'Investigateur.

Pour terminer, que pensez-vous de nos révélations ?

Elles sont stupéfiantes et révèlent une fois encore la guerre des polices. Je ne peux pourtant pas vous suivre dans votre agressivité envers le Monde (NDLR : notre hebdomadaire s'en est pris au "Monde" ces dernières semaines pour avoir plagié et volé nos informations et documents mis en ligne largement avant la publication du "scoop" légèrement mouillé du quotidien parisien). J'ai lu avec beaucoup d'attention vos spéculations sur la piste des assassins de Santoni. J'envie votre liberté de plume qui est proprement impossible en Corse. Mais en même temps je me demande quel est le rôle de la presse. Vous vous lancez souvent dans des spéculations qui outrepassent à mon avis le strict droit de la presse. Je vous dis cela et en même temps, je suis assez admiratif. Franchement, je ne sais pas. Je suis gêné au niveau de la Corse. Mais quand je lis votre travail contre les pédophiles, j'approuve des deux mains.

Lire également : L'article de Porsia

©2003 L'investigateur - tous droits réservés