La Corse et "Le Monde"
Jean-Jé Colonna est une quasi-légende en Corse. Tour à tour accusé d'être le " parrain de la Corse ", d'être au centre de tout ce qui se fait dans l'île, rien n'a jamais pu être prouvé contre lui. La preuve : il a été retiré du fichier du grand banditisme par Roger Marion en personne. L'homme est aujourd'hui en cavale pour une sombre histoire de salaire que lui aurait versé sa femme, gérante de supérette. Mais là n'est pas l'important. Le nom de Jean-Gé Colonna est à tort ou à raison au cœur de toutes les discussions concernant la face noire de la Corse. Or tandis que certains journalistes comme Nicolas Beau du " Canard Enchaîné " ont voué leur vie à démontrer sa nuisance, d'autres cherchent aujourd'hui à le présenter sous un jour favorable. Au cœur de cette démarche un homme qui l'a interviewé pour le magazine Corsica. Il est le seul si on excepte une interview sans intérêt pour le Parisien Aujourd'hui. Nous avions jadis interviewé dans nos colonnes Gabriel Culioli.

L'interview de Jean-Jé Colonna, qu'un rapport parlementaire a présenté comme le parain de la Corse, est inattaquable sur la forme. Et pourtant elle représente ce que les journalistes n'aiment pas faire. Au bout du compte, Jean-Jé Colonna apparaît comme un homme sympathique, retiré des affaires, persécuté par une mauvaise réputation et rêvant d'une existence de grand-père. Il se promène tranquillement dans les colonnes du mensuel comme s'il était chez lui. À aucun moment un chapeau ou un article d'accompagnement ne vient avertir le lecteur de quoi est soupçonné Jean-Jé Colonna. À croire que ce journal n'a pas de boussole. Le Canard Enchaîné par la voix de Nicolas Beau a brocardé à juste titre la complaisance de cette interview qui s'étale sur une douzaine de pages. " Pêche, chasse et tradition " plaisantait le spécialiste de la Corse, allant jusqu'à qualifier l'article de " publi-reportage " avant de rectifier le terme en publiant une sèche mise au point de la part de l'écrivain insulaire. Complaisance d'un côté et absence d'humour de l'autre. Pour nous, il s'agit de " complaisance abusive ", de " manque de contrepoint " ...

Le triangle Colonna - Culioli - Colombani

Plus étrange, cette interview est reprise le jour même de la parution de Corsica par le quotidien Le Monde. Le plus important journal de France s'intéresserait donc à un pseudo-parrain reconverti en employé du petit commerce. Nicolas Beau fait remarquer à juste titre que le village de la mère de Jean-Marie Colombani est Sainte-Marie Figaniella, c'est-à-dire la région de Jean-Jé Colonna. Anti-corsisme, vont répondre les tenants d'une corsité bien ambiguë à l'image de celle de Gabriel Culioli, auteur de " Lettre aux anti-corses ". Personne ne peut évidemment affirmer que parce que ces trois hommes sont originaires de l'extrême-sud de la Corse, ils sont liés par un quelconque pacte. Mais ils se connaissent et se rendent des services.

L'interview paraît donc dans Le Monde le jour de la parution de Corsica. C'est à peu près la moitié de l'interview totale annoncée en première page du Monde. Là encore on ne se moque pas de Jean-Jé Colonna, ce paisible retraité insulaire. L'interview est contrebalancée par un article signé Franck Johannès. Il faut savoir que ce journaliste travaillait à Libération. Il avait commencé sa carrière dans l'ombre de Guy Benhamou, spécialiste de la Corse au point de se faire mitrailler. Jusqu'au jour où Franck Johannès, ami de Gabriel Culioli, a été appelé au Monde par Edwy Plenel et Jean-Marie Colombani tous deux amis de Gabriel Culioli. Et justement pour s'occuper de la Corse. L'article de mise-en-garde écrit par Franck Johannès n'est pas vraiment gênant pour Jean-Jé Colonna. Sous le prétexte d'informer le lecteur il est intitulé " Un Corse d'honneur ".

Quel honneur pour ce Corse sans importance! Jean-Jé Colonna ne devait pas en espérer autant du Gotha mondain du journalisme français. Il aurait du remercier Gabriel Culioli pour son entregent. Il paraît que le juge Gentil en charge de son dossier en a mangé son chapeau. Et on le comprend : après une telle mise en scène, Jean-Jé devenait intouchable pour un temps. Mais l'affaire est peut-être plus souterraine qu'il ne paraît. Car ici la solidarité corse se mélange avec une autre solidarité au moins aussi forte : celle des trotskystes.

Voilà ce qu'écrit l'un de nos lecteurs à propos de la Corse, du Monde et de Culioli : " Je vois que vous avez affaire au Monde. Ceci se comprend. Il apparaît qu'il est partie prenante dans l'affaire cherchant visiblement à dédouaner comme le gouvernement Charles Pieri de manière à en faire un interlocuteur incontournable (vous devriez chercher pourquoi le gouvernement compte s'appuyer sur Pieri .... vous seriez sans doute surpris ...). Par ailleurs rappelons que Pieri est un grand ami de l'un des grands barons de la brise de mer avec lequel il s'est évadé de prison. Le même qui s'est évadé légalement une seconde fois avec un faux vrai fax à la veille de l'assassinat de Santoni. Le Monde doit bien sûr taire tout lien avec ce dernier dans le meurtre de Santoni .... sinon toute sa stratégie tomberait par terre ...

Rappelons également que l'assassin présumé de Santoni (dont le prétexte invoqué par la police est évidemment ridicule ... le seul intérêt c'est qu'il fait corso-traditionnel pour roman touristique) appartient à la bande de son cousin qui n'a pu rentrer en Corse selon la tradition (la vraie celle-là) qu'avec l'accord de la principale puissance du moment (c'est-à-dire du FLNC versus Pieri).

Question à se poser : contre quoi ? Je vois que vous avez affaire également à Culioli (qui joue à ne pas reconnaître ses propres amis). Il omet en effet de vous dire que :

1/ qu'il est la tête chercheuse du Monde dans l'affaire Corse, ami de vieille date du directeur du Monde et de Plenel. Ils ont cherché il y a quelques mois à le faire rentrer en Corse en intervenant auprès du Ministère (de Gauche) pour qu'il ait un poste de conseiller du recteur ... (Chemin a toujours répété ce que Culioli essaye de faire passer depuis des années : qu'il y a un danger de groupuscularisation terroriste en corse ... c'est pourquoi il faut négocier. Ainsi ils ont pratiquement passé sous silence l'appartenance de Colonna et autres au FLNC dont ils constituaient la section Cargèse)

2/ précisons que Culioli a, en taisant sa longue fréquentation de Plenel et du directeur du Monde, fait un long article "élogieux" du dit directeur ... dans Corse-Matin ... en se servant de Plenel comme témoin qu'il feignait de rencontrer pour la première fois ...

3/ En ne se disant pas corsiste, il joue sur les mots car en Corse Corsiste veut dire autonomiste modéré ...il se dit nationaliste .... en Corse tout au moins ... "

L'autre triangle Culioli - Plenel - Krivine

D'autres sources, plus administratives dirons-nous, nous apprennent que Plenel et Culioli se sont connus à la Ligue communiste, une organisation trotskyste, alors qu'ils étaient tous deux salariés de cette organisation (on dit permanent chez les communistes). Culioli a été embauché après avoir fait ses preuves en juin 1973. Il avait été arrêté au local de la Ligue communiste après une manifestation d'une rare violence au cours de laquelle des dizaines de policiers avaient été blessés dont un très grièvement. Lui et ses camarades avaient bénéficié d'un non lieu après de très fortes pressions exercées par l'intelligentsia de gauche sur le pouvoir de Valéry Giscard d'Estaing. Culioli avait été désigné pour s'occuper de l'hebdomadaire Rouge et remplacer Patrick Rotman qui allait devenir célèbre comme écrivain de documentaires. Il a récemment fait un documentaire sur la torture en Algérie. Edwy Plenel s'occupait alors de la Fédération parisienne du travail en direction du Moyen-Orient alors sous la responsabilité de Gérard de Verbizier dit Vergeat. Il travaillait en étroite collaboration avec le Matzpen israélien et plus particulier Michel Warchawsky .

Puis il prendra en charge le travail anti-militariste des Comités de soldats, travail de sape de l'armée française. Il sera relayé par la compagne de Gabriel Culioli, Nadine Richet dite Katia, qui aura la direction de ce travail subversif pendant des années avant d'entrer dans les services secrets de l'organisation trotskyste désignés sous le sigle " CTC " ou " Commission Très Spéciale ". Un troisième personnage apparaît dans la note que nous avons eu sous les yeux : Simon Baruch dit Georges Marion qui, après un passage au Canard Enchaîné, a travaillé en tandem avec Plenel. Ce sont eux qui ont " sorti " les Irlandais de Vincennes, le Rainbow Warrior (la taupe de l'époque était Laurent Fabius, ami de Plenel mais aussi premier ministre. L'autre taupe étant Pierre Joxe qui deviendra ministre de l'Intérieur et élaborera avec le Grand Orient son projet pour la Corse avec Culioli pour allié).

Selon des personnes bien renseignées Edwy Plenel et Alain Krivine (dirigeant de la Ligue communiste révolutionnaire) se sont rendus plusieurs fois dans la maison de famille de Culioli en Corse. Depuis cette époque, Culioli et Plenel n'ont jamais rompu les ponts. Chacun a suvi son chemin mais avec toujours l'idée d'en faire profiter l'autre. Il existe un réseau d' " anciens " trostsystes souvent décrit par la presse mais d'une redoutable efficacité qui va de Julien Dray, député socialiste à Denis Pingot, ancien attaché de presse de Laurent Fabius à Edwy Plenel. Tous se sont réunis il y a quelques années pour les vingt ans de lancement du quotidien Rouge sous l'œil curieux de caméras des Renseignements généraux.

Gariel Culioli appartient à cette " mafia intellectuelle " ce qui ne l'a pas empêché de militer au FLNC avant 1980 par amitié pour un dirigeant de cette organisation clandestine qui avait longtemps milité à la Ligue communiste. Il a écrit dans le Rimbombu puis a adhéré à l'Accolta nazionale corsa, une scission du FLNC. Il a, à ce titre, aidé son chef Pierre Poggioli, l'ancien grand dirigeant de l'organisation clandestine en écrivant régulièrement dans le journal de cette organisation " A Fiara". Pour précision, cette organisation possédait sa propre organisation terroriste appelée Resistanza tout comme le groupe qui plastique aujourd'hui les Maghrébins de Corse. On ne pourrait cependant pas suspecter Culioli de racisme lui qui est de tous les combats droitdel'hommistes jusqu'à défendre les Palestiniens dans les territoires occupés comme son camarade Michel Warchawsky ou Edwy Plenel.

Le Monde a longtemps navigué sur une ligne centralisatrice pour ce qui concerne la Corse. Seuls les Corses de service, Jean-Marie Colombani et Jean-Louis Andreani semblaient être partisan des autonomistes. Bizarrement l'un de leurs correspondants les plus fidèles était Paul Silvani, ami du sénateur Nicolas Alfonsi anti-autonomiste courageux et persévérant.

Plenel, Pasqua, la FASP et consorts...

Le tournant se fait grâce à Pasqua. Jean-Marie Colombani et Edwy Plenel partagent la peur de l'extrême-droite. Selon plusieurs témoignages, ils jugent que pour empêcher la montée de Le Pen il faut favoriser Charles Pasqua. Le contact se fait au moment du vrai faux-passeport en 1986. À l'époque, Georges Marion et Edwy Plenel, tous deux amis de Culioli, enquête sur le vrai-faux passeport d'Yves Chalier qui a été fourni par le ministère de l'intérieur et apporté à Chalier qui vit au Brésil, acueilli par la Mafia des jeux corse dirigé par Filipeddu et Lauricella. L'affaire est menée par le grand banditisme du sud de la Corse dont tous les éléments sont des connaissances de Jean-Jé Colonna. Jusqu'au jour où l'enquête s'arrête pour de mystérieuses raisons. On sait seulement que Daniel Leandri, l'homme à tout faire de Charles Pasqua, a contacté la direction du Monde qui n'est pas encore entre les mains de Jean-Marie Colombani. Les autres contacts de Plenel et de Pasqua passeront par le dirigeant du syndicat policier, la FASP, Deleplace qui se rend souvent dans la région de Leandri qui est aussi celle de Jean-Marie Colombani et de Culioli. Là un plan est mis au point. Il s'agit dans un premier temps d'empêcher la montée du Front national. Edwy Plenel est un ennemi intime de François Mitterrand et de la cellule élyséenne qui l'a fait écouter tant et plus. Plenel est persuadé que Mitterrand est prêt à jouer la carte du Front national pour casser la droite. Il faut donc favoriser Pasqua et lui permettre de monter à la présidence du Sénat de manière à fabriquer un contre-pouvoir au Parlement essentiellement socialiste. C'est au moins ce que prétendent les ennemis de Plenel qui sont légion.

Mais Charles Pasqua va permettre à " l'affaire Corse " de se mettre en place. Le sénateur des Hauts-de-Seine a changé sur son île d'origine. Il ne croit plus qu'il faille " terroriser les terroristes ". Il veut participer à la " modernisation du territoire ". Il demande à son homme lige, Daniel Leandri, de nouer des contacts avec les terroristes du FLNC Canal historique puisque ce sont eux qui tiennent le pouvoir clandestin. Un personnage va être favorisé François Santoni. Ce dernier est secondé par les Renseignements généraux qui reçoivent l'ordre de lui permettre de prendre le pouvoir total dans le monde de la clandestinité corse.

Tout commence par un certain nombre d'assassinats dans la région d'Ajaccio puisque Santoni est l'un des responsables de ce secteur. On rend un service au préfet en place lequel renvoie l'ascensceur. Pendant ce temps, le ministre de l'Intérieur Joxe est aidé par ses amis franc-maçons dont Gabriel Culioli qui se prononce pour le statut et la " reconnaissance du peule corse ". Il " prépare le terrain intellectuel ". C'est l'époque où Culioli défend Jean-Michel Rossi alors en jugement pour une affaire d' " impôt révolutionnaire " c'est-à-dire un racket au profit du FLNC. Des divergences éclatent alors dans le monde autonomiste corse et Culioli adhère officiellement à l'ANC allant jusqu'à devenir " la plume " de son mensuel.

En 1994, Charles Pasqua devient le ministre de l'intérieur de Balladur. Le Monde soutient alors ses efforts en direction du FLNC Canal historique qui, pourtant terrorise la Corse. Michel Codaccioni en Corse (encore un ami de Culioli), Andreani à Paris et Colombani au Monde, voilà la fine équipe qui appuie de toutes ses forces les efforts de l'ancien fondateur du SAC.

Culioli devient bientôt l'intervenant extérieur attitré du Monde pour ce qui concernait la Corse au point que l'Express, sous la signature d'Eric Conan le désigne "comme la caution intellectuelle du FLNC " ce qu'il conteste bien évidemment. Tout capote avec la conférence de presse de Tralonca. Colombani et Plenel sont outrés de l'imbécillité des nationalistes. Ils décident de leur donner une leçon. Une interview particulièrement stupide de Charles Pieri est donnée à Michel Codaccioni et montée en une. Le dirigeant autonomiste s'en prend au premier ministre d'alors Alain Juppé qui donne l'ordre à ses policiers de mettre à mal l'organisation clandestine de Santoni et de Pieri. Un attentat miraculeux envoie Pieri à l'hôpital. Quelques temps après François Santoni et Marie-Hélène Mattei pour un chantage où intervient (une fois de plus) l'un des frères Filipeddu. Puis c'est au tour de Pieri d'être arrêté malgré ses protections policières. (voir l'affaire Garelli). Le Monde a joué un rôle qu'on ne soupçonnait. Mais il faut constater que quand il soutient une faction celle-ci peut aller de l'avant. Il suffit que le quotidien la dénonce pour qu'elle soti aussitôt la cible de l'état.

Lorsque le préfet Érignac est assassiné, le préfet Bonnet est nommé. Il a pour vecteur médiatique Le Monde et son journaliste Jacques Follorou. L'envoyé de Libération est Franck Johannès. Tous deux connaissent très bien Culioli. Le premier a travaillé avec lui pour un dossier du Canard Enchaîné. L'autre s'est lié d'amitié avec l'écrivain au cours de ses reportages.

En décembre 1998, Culioli est arrêté par la DNAT parce qu'il est soupçonné d'avoir trempé dans l'assassinat du préfet Érignac ce qui s'avérera être sans fondement. Franck Johannès reçoit sa confession au sortir de la garde-à-vue puis Le Monde publie une tribune libre intitulée " Comment la France criminalise les Corses ". Cette tribune a une certaine importance car elle est jumelée à la diatribe d'une violence inouïe que le bâtonnier Sollacaro lance contre le préfet Bonnet lors de la rentrée judiciaire. Or Sollacaro et Culioli ont milité ensemble pour la libération d'Edmond Simeoni et tous deux sont militants de la Ligue des droits de l'homme à Ajaccio. Comment n'y voir qu'un hasard d'autant qu'ils sont tous deux très proches d'un personnage étrange, André Paccou responsable de la Ligue des droits de l'Homme sur la Corse. Cet ami des nationalistes a décidé d'avoir la peau du préfet Bonnet qui a de plus en plus de mal à restaurer l'état de droit.

Le préfet Bonnet va d'ailleurs dénoncer l'étrange complicité qui lie l'écrivain Culioli et l'équipe du Monde dans son ouvrage " Préfet en Corse ".

Avec le gouvernement Jospin, tout ce petit monde retrouve un paysage connu. N'oublions pas que Plenel et Culioli gardent l'esprit très à gauche au point que le nom de Culioli apparaît parmi les fondateurs de Ras l'front aux côtés de Gilles Perault. Culioli et Perault ont d'ailleurs tous deux été édités en 1991 (" le complexe corse " pour l'un et " Notre ami le Roi" pour l'autre) par Gallimard, collection Au vif du Sujet dont le directeur de collection n'était autre... qu'Edwy Plenel.

Envoyé spécial en Corse

Une bataille pacifique s'engage sous le gouvernement Jospin après qu'Edwy Plenel et Jean-Marie Colombani aient fait des pieds et des mains pour que le Premier Ministre lève le préalable de la violence. Jamais Culioli n'a été aussi présent dans les colonnes du Monde. C'est à cette époque, selon certaines sources que Le Monde décide de faire partir Culioli pour la Corse. Des contacts sont pris avec le ministre de l'Éducation nationale (Culioli est fonctionnaire de ce ministère) et avec l'aide de Francine Demichel, directrice des Universités, Culioli part pour son île natale. Aussitôt, il prend contact avec l'hebdomadaire " Le journal de la Corse " dans lequel il commence à écrire. Il est celui par qui Jean-Guy Talamoni, le représentant " respectable " des nationalistes corses, fait passer des tribunes dans le quotidien. Culioli écrit dans Corse-Matin pour permettre à Talamoni de devenir président de la Commission des affaires internationales de l'assemblée territoriale. Une autre passerelle est un ami de Culioli, Paul Antonietti qui appartient au staff du président de l'Assemblée José Rossi.

Franck Johannès qui travaillait à Libération est alors embauché au Monde. Culioli sert alors d'honorable correspondant à Johannès. Puis ce dernier change d'affectation et il est remplacé par Arianne Chemin dont nous avons souvent parlé sur ce site. Culioli lui présente nombre de dirigeants nationalistes dont certains sont aujourd'hui en prison pour divers attentats. L'écrivain quitte le Journal de la Corse pour le mensuel Corsica avec pour mission d'en faire le journal des Corsistes, une tendance politique jugée d'avenir par la direction du Monde.

C'est ainsi qu'il produit une interview " guimauve " du patron des jeux africains, Robert Feliciaggi au moment où celui-ci est mis en examen pour " sept malheureux millions " qui auraient été offerts au parti de Charles Pasqua. Puis il enchaîne par un portrait sans nuances du sulfureux Toussaint Luciani. Et il termine par le saint des saints : Jean-Jé Colonna. Ainsi apparaît la stratégie du Monde qui passe par les articles de Jean-Louis Andreani, Ariane Chemin et Gabriel Culioli : asseoir en Corse des nationalistes et leurs alliés afin de promouvoir une décentralisation que la direction du Monde appelle de ses vœux et son directeur plus encore. Le Monde, les Corsistes (dont Paul Giacobbi et José Rossi) s'en prennent au rapport Glavany de manière à démontrer que la Corse n'a besoin que d'une chose : son autonomie, autonomie qui servira à promouvoir la décentralisation sur le continent.

Ariane Chemin pille Le Monde. Culioli la défend à chaque reprises dans son mensuel en reprenant d'ailleurs le thème de ses articles dans Corsica. Aujourd'hui l'interview de Jean-Jé Colonna apparaît comme la promotion d'une Corse autonome dirigée par des " parrains " de manière à y maintenir une sorte d'ordre. C'est ce que Pasqua voulait faire avec le FLNC Canal historique. C'est tout le travail des institutions classiques dites clanistes. Par convictions décentralisatrices ou par romantisme, la direction du Monde a décidé de prêter toute sa puissance à des personnes qui mène cette île vers la catastrophe. Gabriel-Culioli n'est qu'un rouage de cette mécanique tout comme Ariane Chemin ou tant d'autres. Le Monde appartient d'une certaine manière à un certain axe du Mal qui prête le flanc au terrorisme quand il faudrait le combattre sans concession. Aujourd'hui, les méthodes de ce journal sont dénoncées dans un ouvrage de Daniel Carton qui les connaît bien pour les avoir pratiquées. Ce sont des méthodes trotskystes habituelles : infiltrer l'adversaire pour mieux le dominer.


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